Dico écolo : la déforestation

Il arrive parfois que l’homme commette de graves erreurs en détériorant la planète. La preuve avec la déforestation, qui a de graves conséquences sur l’environnement. On en parle beaucoup, surtout en cette année internationale de la forêt, mais que signifie vraiment le terme de déforestation ?

Ce sont des pratiques et processus conduisant à utiliser des terres couvertes de forêts à des fins non forestières. On cite souvent la déforestation comme un des principaux facteurs contribuant à l’effet de serre parce que la combustion ou la décomposition du bois rejette du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. La déforestation est le phénomène de régression des surfaces couvertes de forêt. Elle résulte des actions de déboisement puis de défrichement, liées à l’extension des terres agricoles, à l’exploitation des ressources minières du sous-sol, à l’urbanisation, voire à l’exploitation excessive ou anarchique de certaines essences forestières. La déforestation n’est pas un phénomène récent. Du Moyen Âge au début de la révolution industrielle, le défrichage et les coupes opérés pour accroître les surfaces agricoles et fournir des bois d’oeuvre et de chauffage font passer le territoire de l’ancienne Gaule d’un taux de boisement de 90 % à moins de 15 % seulement.

Quelques chiffres

Selon la FAO, environ 13 millions d’hectares de forêts disparaissent annuellement sur Terre. C’est l’équivalent de la surface de l’Angleterre, soit 1 terrain de football toutes les quinze secondes. C’est l’équivalent en surface de 86% de la forêt française qui disparaît ainsi chaque année. Sur la base des chiffres officiels envoyés par chaque état, le rapport FRA 2005 de la FAO conclut que suite à la déforestation ou à des coupes sélectives, les plantations artificielles d’arbres ont encore augmenté, couvrant en 2005 près de 5% des superficies boisées du monde. Les forêts primaires ou faiblement anthropiennes ne constituent plus en 2005 que 36% de la superficie forestière mondiale, continuant à disparaître ou être modifié à raison de 7,3 millions d’hectares par an.

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Creative Commons License photo credit: DawaFree

Des solutions pour stopper la déforestation
Stopper la déforestation à l’échelle mondiale est un objectif parfaitement réalisable, au coût économique réduit, avec un retour sur investissement considérable à court et long terme. De quoi, normalement, emporter la décision même d’un gestionnaire débutant…

Meilleure gestion du papier au Nord

Protéger les forêts du nord suppose de réduire notre fabrication de pâte à papier à partir des arbres, en développant fortement la filière de récupération et de réutilisation des vieux papiers. Les efforts produits dans le monde dans le domaine du recyclage sont très variables : de 72% au mieux en Allemagne à moins de 30% en Chine par exemple. Les USA, plus gros utilisateur de papier dans le monde en recyclent 48%. On le voit, le potentiel d’amélioration est considérable. Surtout si chacun de nous renonce à tout ce qui est jetable : mouchoirs, serviettes en papier, etc. Les fabricants de papier toilette sont aussi sur la sellette.

 

Foyers améliorés au Sud

Dans les pays pauvres et émergeants, la cuisine se fait essentiellement au feu de bois. C’est une des causes principales de destruction du couvert forestier. Dans les pays sahéliens, la recherche de bois, avec la disparition progressive des forêts devient souvent une activité épuisante pour les femmes.
La solution consiste à recourir à des foyers améliorés, qui consomment beaucoup moins de bois ou mieux, à des foyers solaires. Ces derniers, très peu chers, concentrent avec 3 feuilles d’aluminium, les rayons du soleil sur la casserole : en 3 heures maximum, tout est cuit !

Jakob WijkemaLe cas de l’Amazonie

La déforestation actuelle concerne essentiellement les forêts tropicales. Cela touche en particulier l’Amazonie, l’Afrique équatoriale et l’Asie du Sud-est. Chaque année, ce sont plus de 10 millions d’hectares qui disparaissent. Une catastrophe pour la planète. Selon le « World Resources Institute », 80% de la couverture forestière mondiale originelle a été abattue ou dégradée, essentiellement au cours des 30 dernières années.  Il y a deux ans le gouvernement du Brésil a mené une opération coup de poing contre les déboiseurs illégaux dans une région de la forêt amazonienne, et ont saisi près de 400 camions de bois qui avait été coupé de manière illégale. La déforestation est l’un des fléaux contre lesquels le pays lutte depuis plusieurs années.

La déforestation pour lutter contre le réchauffement ?
On a souvent considéré que planter des forêts aidait à freiner le réchauffement global. Pourtant, l’impact de ces puits de carbone n’est pas le même partout. Dans les hautes latitudes, un reboisement pourrait même avoir l’effet inverse… Les forêts tropicales agissent comme un véritable « climatiseur » de la Terre. Qu’en est-il des autres forêts ? En absorbant le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, les forêts contribuent à refroidir notre planète. L’évapotranspiration, par l’augmentation de la couverture nuageuse qui en résulte, a également un effet positif. Au contraire, à cause de leur couleur foncée, les forêts absorbent le rayonnement solaire et favorisent le réchauffement climatique. Et le bilan de ces trois facteurs n’est pas le même dans toutes les régions du globe. C’est en intégrant ces trois paramètres dans leur modèle qu’une équipe de chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory, sous la direction de Govindasamy Bala, est arrivée à une conclusion surprenante : une déforestation à l’échelle planétaire entraînerait un léger refroidissement de notre climat. Ainsi, les expériences virtuelles de déforestation à grande échelle qu’ils ont menées indiquent que la destruction totale et soudaine des forêts aurait pour effet de freiner le réchauffement de la Terre (en 2100, -0.3 °C que le cas sans déforestation globale). Mais l’intérêt majeur de leur étude, est sans conteste de montrer que l’impact climatique des forêts dépend fortement de leur latitude.

L’huile de palme et la déforestation

L’huile de palme est une huile issue de la pulpe des fruits du palmier en Afrique et en Asie. 80% de la production mondiale de l’huile de palme est issue de l’Indonésie et de la Malaisie. En Indonésie, la destruction de la végétation et des forêts pour planter des palmiers provoque l’émission de 1,8 milliard de tonnes de CO² chaque année, soit 4% des émissions mondiales annuelles. Ce désastre écologique menace à court terme la biodiversité végétale et la survie d’espèces animales comme les orangs-outangs. A Sumatra, leur population a chutée de 91% en un siècle.
… et pour la santé ? L’huile de palme, qu’il soit bio ou pas, est en effet trop riche en acides gras saturés. Elle en contient trois fois plus que l’huile d’olive. Or, consommés en quantité trop importante, les acides gras saturés peuvent augmenter le mauvais cholestérol et les risques de cancers (sein et colon notamment), ou encore entraîner des maladies cardio-vasculaires.

L’élevage industriel responsable de la déforestation

Le développement des cultures pour l’élevage industriel est également responsable d’une bonne part de la déforestation. De ce point de vue, les forêts d’Amérique du Sud sont les plus touchées. De vastes zones de forêt tropicale ont été et sont régulièrement défrichées au Brésil, en Bolivie, et au Paraguay pour faire place à la production de soja d’exportation, destinée à l’alimentation du bétail (du bœuf en particulier, utilisés par les géants de l’agroalimentaire et du hamburger) ou à la canne à sucre, utilisée pour produire de l’éthanol pour les voitures. Ailleurs, ce sont les productions de sucre, de poivre, de caoutchouc, de café, de cacao, de banane, de tabac ou même de coca, qui déciment les forêts tropicales.

Devenir des terrains : Une partie des coupes sera suivie d’une régénération forestière, souvent lente ou médiocre, une autre partie sera plantée d’arbres de rentes

(eucalyptus, palmier à huile, hévéa, cacaoyer, théier, caféier…) mais en Amazonie, a plus grande partie est transformée en culture de soja et ailleurs en champs. Environ 75% des pertes forestières sont dues à l’expansion agricole.

Perte de biodiversité
Olfield suggérait en 1998 que près de 10 % des espèces d’arbres connues, soit environ 7 000 espèces, sont menacées d’extinction à court ou moyen terme, et pour chaque espèce, c’est une richesse génétique plus grande encore qui est perdue.

Une touche d’optimisme pour terminer. Une enquête de la FAO portant sur les ressources forestières mondiales montre que, même si la déforestation reste préoccupante, son rythme a ralenti ces dix dernières années : 5,2 millions d’hectares de surfaces boisées ont disparu entre 2000 et 2010 contre 8,3 millions entre 1990 et 2000.

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