Le Solar Impulse, un avion pas comme les autres

Le curieux avion solaire Solar Impulse 2, qui repartira mardi d’Ahmedabad, en Inde, s’est envolé lundi dernier d’Abou Dhabi pour un tour du monde sans précédent, avec comme but de promouvoir les énergies propres.

Au total, l’appareil parcourra 35 000 kilomètres, à une vitesse modeste (entre 50 et 100 km/h), en survolant deux océans. Ce voyage, à 8 500 mètres d’altitude au maximum, prendra cinq mois, dont 25 jours de vol effectif, avant un retour fin juillet/début août. 

Aperçu de 12 ans de travail acharné pour parvenir à ce rêve, raconté sous forme de reportage photographique dans le livre « L’incroyable histoire de l’avion solaire » de Bertrand Piccard et Johanne Bernard. 

Le projet Solar Impulse autour du monde

Il était une fois une idée folle : celle de faire voler un avion jour et nuit, sans carburant, uniquement à l’aide de l’énergie solaire. Mieux encore : le faire voler 5 jours et 5 nuits d’affilée pour traverser les océans d’un continent à l’autre, dans un tour du monde sans émission polluante… Montrer ainsi qu’il est possible de préserver notre planète grâce à des technologies propres.

Plus qu’un rêve, le projet « Solar Impulse autour du monde » est un défi et une incroyable aventure pour les hommes qui travaillent à rendre l’avion solaire performant. Pour les héros-pilotes de ce gigantesque oiseau, Bertrand Piccard et André Borschberg, Solar Impulse est aussi et surtout un message : celui de croire à la capacité d’innover et de changer le monde. Un esprit pionnier au service de l’environnement !

© L’incroyable histoire de l’avion solaire, Bertrand Piccard et André Borschberg, textes de Johanne Bernard, De La Martinière jeunesse 2015

Une idée devenue réalité

C’est après avoir effectué l’exploit du premier tour du monde en ballon sans escale en 1999 que Bertrand Piccard en a imaginé un autre qui, lui, se ferait uniquement à l’aide de l’énergie solaire. Initiateur de Solar Impulse et président du projet, il s’associe en 2003 à André Borschberg, qui en devient le cofondateur et directeur général.

Solar Impulse, c’est un tandem aux commandes… et surtout une famille d’ingénieurs et de partenaires autour, car concevoir et fabriquer un avion très grand et très léger qui peut voler de jour comme de nuit est un sacré challenge. Il en a fallu des personnes et du temps pour réussir à remplir la mission : 12 ans de travail, de calculs, de maquettes, de tests, 80 spécialistes de tous horizons, une centaine d’experts et de conseillers… Et 90 partenaires et sponsors pour un budget total d’environ 115 millions d’euros !

© Niels Achermann/Rezo.ch/SolarImpulse Photographie extraite de L’incroyable histoire de l’avion solaire, Bertrand Piccard et André Borschberg, textes de Johanne Bernard, De La Martinière jeunesse 2015

Le hangar mobile... au repos!

Difficile de trouver un bâtiment adapté à cet avion de grande envergure dans les régions où Solar Impulse 2 fera escale pendant le tour du monde. Après s’être penchés sur le problème, des ingénieurs ont trouvé un solution inédite : le hangar mobile !

Déplié et monté comme une immense tente, le hangar mobile permet à l’avion d’atterrir sur toutes les pistes d’aéroport.

Cette structure gonflable, ultralégère, se met en place à l’aide d’un marquage au sol en à peine 4 à 5 heures. Fabriqué avec des toiles inspirées du monde de la voile, le hangar mobile résiste à des vents pouvant aller jusqu’à 100 km/h mais aussi à l’eau et au feu. Plus ingénieux encore, les toiles du hangar ont été conçues pour permettre aux rayons du soleil de passer à travers. L’avion peut ainsi recharger ses batteries bien à l’abri…

© Jean Revillard/Rezo.ch
Photographie extraite de L’incroyable histoire de l’avion solaire, Bertrand Piccard et André Borschberg, textes de Johanne Bernard, De La Martinière jeunesse 2015

Le prototype Solar Impulse 1 (Si1)

Construire un prototype est une étape incontournable dans tout processus de fabrication. Cela permet de trouver des solutions, de tester les innovations et nécessite des années de recherches et d’ajustements.

Concevoir un avion solaire, c’est déterminer dans un premier temps sa forme et sa taille. Décider ensuite comment les différents éléments de l’avion s’agenceront dans l’espace à disposition, en respectant les contraintes de poids, qui doit être le plus faible possible : c’est l’étape du design et de l’analyse structurelle, suivie de l’étape de fabrication des pièces. Puis vient le temps des tests : de résistance au vent, de vibration, de torsion… Cette étape permet de déclarer les éléments de l’avion aptes au vol. ne reste plus que l’assemblage et l’ultime test : le baptême de l’air.

© Francis Demande
Photographie extraite de L’incroyable histoire de l’avion solaire, Bertrand Piccard et André Borschberg, textes de Johanne Bernard, De La Martinière jeunesse 2015

Des conditions extrêmes

A 8500 mètres d’altitude il fait – 20°C dans le cockpit, – 40°C à l’extérieur. Sans apport artificiel d’oxygène , impossible de survivre. Un vol qui prend des allures d’expédition de l’extrême…

Une combinaison a été spécialement conçue pour habiller les pilotes. En fibre de nylon, elle permet de maintenir la chaleur corporelle quand il fait froid et évite de trop transpirer quand il fait chaud.

Pour minimiser le poids de l’avion, il n’y a pas de système de pressurisation dans le cockpit, le pilote doit être alimenté en oxygène pendant le vol dès qu’il dépasse une altitude de 3000 mètres. Au-delà, la quantité d’oxygène dans l’air est en effet trop faible pour répondre aux besoins de l’organisme.

© SolarImpulse
Photographie extraite de L’incroyable histoire de l’avion solaire, Bertrand Piccard et André Borschberg, textes de Johanne Bernard, De La Martinière jeunesse 2015

Un incroyable histoire

« L’incroyable histoire de l’avion solaire » raconté par Bertrand Piccard et Johanne Bernard, paru aux éditions de La Martinière Jeunesse le 26 février 2015.

Disponible en librairie au prix de 14,90€.

Suivez les aventures du Solar Impulse en temps et en heure sur www.solarimpulse.com

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Apprentie journaliste à l'Université de Liège en Belgique, amoureuse des chats, experte en rien mais passionnée par tout. Soucieuse de l'environnement, elle a posé ses valises chez Néoplanète.