10 photos pour comprendre la biodiversité des Alpes

La recherche sur la biodiversité de notre planète a évolué en l’espace de quelques dizaines d’années. Ringarde et dépassée à la fin des années 70 au profit de nouvelles technologies, elle signe son retour en grâce en 2003 au moyen d’une fusion avec la biologie moléculaire.

C’est dans cet esprit qu’en 2007, le parc du Mercantour et son voisin italien le Parco naturale Alpi Marittime lancent le pari fou de recenser l’intégralité des espèces vivant sur l’ensemble du terrain, une première en Europe.

Francine Brondex et Lise Barnéoud retracent le parcours de ces chercheurs dans leur livre « Biodiversité des Alpes, l’inventaire sans frontières » aux éditions Glénat (30€).

"Biodiversité des Alpes, l'inventaire sans frontières" de Francine Brondex et Lise Barnéoud ; Editions Glénat ; 30€

Bien illustré et fourmillant d’informations sur les diverses espèces qui peuplent les parcs nationaux Alpi Marittime et du Mercantour, l’ouvrage livre les expériences des chercheurs qui ont participé à l’opération baptisée «ATBI» (All Taxa Biodiversity Inventory).

Torrent de la Madone de Fenestre (Vésubie)

La région, située à cheval entre la France et l’Italie, bénéficie d’une riche biodiversité, notamment grâce au mélange des différents climats. La quête de recensement s’est focalisée sur les petites espèces oubliées, le plus souvent des insectes, mais aussi des mollusques et des algues en tout genres.

Matteo Siesa en train de capturer des libellules

Plus de trois cent cinquante taxonomistes sont venus de toute l’Europe pour explorer la région, comme Matteo Siesa, spécialiste des libellules. Armé d’un filet et d’un appareil photo, ce passionné d’insectes observe et répertorie avec minutie les libellules qu’il capture, avant de les relâcher.

La mélitée des scabieuses à Entraunes (haut Var), au mois de juin

Les amoureux des papillons ont pu étudier les recoins des deux parcs nationaux à l’aide de filets le jour et de pièges lumineux au crépuscule. Le constat est sans appel, la population des lépidoptères a sensiblement diminué, en particulier dans les régions où les altitudes sont trop basses pour compenser les effets du réchauffement climatique.

L'escargot Urticicola mounierensis

Cette espèce endémique du Mercantour vit à plus de 2 500 mètres d’altitude. L’ escargot, qui mesure à peine 11 millimètres de diamètre, est capable de supporter les températures glaciales de l’hiver tout en restant actif.

Armelle Cœur d'Acier, taxonomiste des pucerons

800 espèces de pucerons peuplent la France, et le parc national du Mercantour en comptabilise à lui seul près de 500. Armelle Cœur d’Acier travaille au Centre de Biologie pour la Gestion des Populations. Cette spécialiste des pucerons parcourt le parc afin de les photographier et de les observer.

Zone humide et lac des Grenouilles à Fontanalba (Roya)

L’inventaire de la biodiversité des parcs des Alpi Marittime et du Mercantour a permis de recenser 12 000 espèces en 2014, soit 5000 de plus par rapport à 2007. Un exploit qui a été réalisé à l’aide de nouveaux outils dont le « barcoding », qui permet de distinguer les espèces en analysant différents segments de leur ADN.

Un spélerpès de Strinati

Cousin de la salamandre, le spélerpès de Strinati est l’une des espèces méconnues sur lesquelles ont du se pencher les scientifiques de l’inventaire. Vivant à l’abri dans les grottes et fissures humides, ce spécimen original (il respire par la peau) est discret et ne sort qu’à la nuit tombée.

Petite cascade dans la Bendola

Le vallon de la Bendola, situé au sud-est du Mercantour, dans la vallée de la Roya, est l’un des rares lieux encore sauvage. La biodiversité, riche et préservée en fait un véritable El Dorado pour les chercheurs. Cependant, l’endroit est difficile d’accès et n’a toujours pas été inspecté dans sa totalité.

Lichen xanthoria elegans

Le lichen vient de l’association entre un champignon et une algue. Le premier prélève efficacement les apports minéraux du milieu, tandis que le second s’occupe de la photosynthèse et transmet des molécules organiques. Difficiles à étudier et à répertorier, ils n’en constituent pas moins une véritable niche écologique.

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.