Des menus végétariens à Copenhague ?

L’association végétarienne de France a écrit au premier ministre danois pour lui proposer d’opter pour des menus végétariens lors du Sommet de Copenhague ! Affaire à suivre…

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Creative Commons License photo credit: chotda

Le courrier envoyé :

Monsieur le Premier ministre,

Le Sommet de Copenhague est une étape cruciale dans la lutte contre le réchauffement climatique. Chacun s’attend à ce que les discussions soient nombreuses et intenses ; or, le monde est en attente non seulement de paroles, mais aussi de gestes.

Nous avons l’honneur de vous soumettre l’idée d’instaurer lors de ce Sommet des menus présentant une empreinte carbone la plus basse possible, c’est-à-dire des menus végétariens et, mieux encore, végétaliens, pour tous et pour tous les jours.

Ceci serait un geste symbolique très fort marquant la volonté des participants de refréner l’emballement climatique.

L’excellence de la cuisine végétale n’est plus à prouver, et c’est l’occasion de démontrer qu’il est des choix qui ne coûtent rien en terme de confort au quotidien, mais qui apportent énormément en terme d’impact écologique.

En effet, l’exploitation des animaux d’élevage est un des facteurs majeurs – si ce n’est le principal – de pollution de la planète, d’émission de gaz à effet de serre, et d’érosion de la biodiversité, tant terrestre que marine [Livestock’s Long Shadow, FAO, 2006].

Étant donné l’ampleur des dégâts, on ne peut décemment l’ignorer sans cesse, sous peine même de paraître peu informé des problèmes de notre époque [Rajendra Pachauri, Chairman, IPCC, Less Meat, Less Heat: Impacts of livestock on climate change, 2008].

Il est à noter que l’exploitation des animaux marins contribue à notre empreinte carbone – à poids égal produit – autant que le secteur de l’aviculture [Brussels Instituut voor milieubeheer, 2008 and DEFRA, UK, 2006]. La forte consommation en énergie fossile des flottes de pêche et la faible efficacité énergétique de l’aquaculture rendent illusoire le remplacement de la viande par le poisson en termes d’empreinte carbone [Diet, Energy and Global Warming, Earth Interactions, 10 (9), 2006].

Mais ce n’est pas tout…

  • · Les animaux d’élevage sont un gouffre à protéines, à calories, à énergie, avec des pertes avoisinant 90 %, et une rentabilité aussi désastreuse n’est durable – dans nos pays industrialisés – que grâce à l’argent des contribuables [The livestock industry and climate – EU makes bad worse, Jens Holm & Toivo Jokkala, 2008]
  • · L’élevage est une cause directe de déforestation – et par conséquent d’émission de carbone – dans des zones sensibles comme l’Amérique du Sud [Slaughtering the Amazon, Greenpeace, 2009]
  • · Il faut 8 fois plus d’eau pour produire une calorie d’origine animale qu’une calorie d’origine végétale [Saving Water: from Field to Fork. SIWI, 2008]
  • · La consommation d’animaux marins, quant à elle, entretient l’industrie de la pêche et donc la surexploitation des océans (37 % des espèces de poissons sont menacées), le gaspillage (pour 2 kg de poissons capturés destinés à la consommation humaine, 1 autre kg est rejeté mort à la mer et 1 autre kg est transformé en farine) et la pollution des écosystèmes côtiers par l’aquaculture (l’aquaculture de saumon en Écosse rejette quotidiennement autant de déjections que les habitants d’Édimbourg).

Et ce ne sont que quelques exemples…

Dans un pays comme le nôtre, la France, près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre sont le fait des animaux entretenus ou pêchés pour notre consommation. Toujours en France, une seule journée 100 % végétal par semaine équivaudrait à supprimer plus de 5 millions de véhicules sur les routes.

La réalité est que la « civilisation de l’animal de consommation », telle qu’elle est poussée aujourd’hui dans ses extrêmes productivistes et propagée dans le monde entier par l’exemple occidental, est un des meilleurs leviers pour détruire la civilisation tout court.

– Depuis 2000, la calotte glaciaire du Groenland a perdu quelque 1 500 milliards de tonnes et les glaces du Groenland contiennent suffisamment d’eau pour provoquer une montée du niveau des océans de sept mètres [Science 13 November 2009: Vol. 326. no. 5955, pp. 984 – 986].

– Le permafrost contient deux fois plus de carbone que ce qui est déjà présent dans l’atmosphère et sa fonte serait catastrophique [Bad Sign for Global Warming: Thawing Permafrost Holds Vast Carbon Pool, University of Florida, 2008]

On ne peut plus passer sous silence le rôle crucial des gaz à effet de serre provenant des activités d’élevage, de pêche et d’aquaculture dans le réchauffement général et ses conséquences.

C’est pourquoi nous vous prions d’user de votre autorité de responsable du pays d’accueil du Sommet, pour faire en sorte que les menus offerts aux participants soient végétaliens, ou au moins végétariens. Le Danemark bénéficiant de savoir-faire variés, de multiples compétences, de nombreuses sources d’approvisionnement, cette option serait facilement accessible, hautement porteuse de sens et de respectabilité, car prouvant vos connaissances au sujet des problèmes climatiques actuels.

Il ne tient qu’à vous, Monsieur le Premier ministre, que les peuples et les nations qui suivront avec attention le Sommet de Copenhague en retirent le sentiment que nos dirigeants sont décidés à donner l’exemple. C’est l’occasion où jamais d’envoyer un signal fort.

Tous les repas du « contre-sommet »organisé par les ONG seront végétariens. Nous espérons que vous aurez la volonté de ne pas être en retrait mais au contraire à la pointe d’un choix de comportement véritablement éco-responsable pour le Sommet.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

www.vegetarisme.fr

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Tout juste diplômée en lettres et communication, Alexandrine fait ses débuts de journaliste au sein de la rédaction de NEOPLANETE. Elle s'occupe aujourd'hui principalement du contenu du site internet.