Innovations :

Des mégots qui plantent des arbres

Alors que jeter votre mégot par terre à Paris vous coûtera 68 € à partir de septembre, une compagnie indienne aborde ce problème de pollution sous un autre angle : rendre les filtres de cigarettes biodégradables tout en y incorporant des graines d’arbre.

wikipedia

Selon vous, quel est l’objet le plus jeté au monde ? Vous l’aurez deviné, il s’agit bel et bien de la cigarette, avec 5 000 000 000 000 (5 mille milliards) de mégots chaque année. Ceux-ci sont très toxiques (un seul suffit à polluer 500 litres d’eau), mettent 15 ans à se dégrader dans la nature, et ne sont pas du tout recyclables à cause de la faible qualité des matériaux qui les composent.

C’est pourquoi la compagnie indienne Karma Tips en a créés à partir d’une pâte biodégradable. Les filtres fonctionnent aussi bien de la même manière que d’autres trouvés dans le marché, sauf qu’ils contiennent également des graines afin que, une fois jetés à terre, les mégots donnent naissance à des arbres. De quoi faire pousser des forêts entières, quand on sait que 350 tonnes de mégots sont ramassées chaque année rien qu’à Paris.

Mais derrière cette bonne initiative se cache un problème d’une autre nature : la nôtre. D’abord, pourquoi un fumeur qui a pour habitude de jeter ses mégots par terre irait-il acheter ces filtres (l’avenir de la planète ne le préoccupant sûrement pas plus que ça) ? Ensuite, on peut penser que cela encouragerait encore plus la mauvaise habitude de jeter ses ordures par terre. En effet, pourquoi ne pas le faire, si cela plante des arbres et est donc bon pour l’environnement ? Enfin, un mégot de cigarette n’est pas un détritus comme un autre. Mal éteint, un seul suffit à déclencher des incendies dévastateurs et meurtriers, comme c’est souvent le cas lors de sécheresses.

La solution la plus efficace pour éradiquer cette pollution (et bien d’autres) serait encore d’éduquer les gens à disposer correctement de leurs ordures plutôt que de leur rendre la vie plus facile en imaginant toute sorte de produits qu’ils peuvent jeter où bon leur semble.

Et vous, pensez-vous que ces produits « jetables » sont un pas dans la bonne direction, ou un symptôme supplémentaire de notre incapacité à préserver la planète ?

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.