Des déchets dans l’art en Seine Saint-Denis

Donner une seconde vie à vos ordures, voilà ce que propose la plasticienne Anne-Dominique Gaté fondatrice de l’association Déchets d’arts, en banlieue parisienne.

piecesuniques03-300x300L’artiste a tout de suite senti le potentiel de la Seine Saint-Denis : « Il y a tous les pays du monde : beaucoup de migrants courageux, qui pensent et vivent différemment. » En 2006, elle crée l’association et choisit de travailler avec les habitants sur le thème du recyclage des déchets. L’organisme anime des ateliers artistiques, des installations éphémères, des expositions ouvertes au public et des évènements de sensibilisation au recyclage. La matière première de ces créations sont des déchets. L’objectif sur le long terme est la commercialisation de petites séries d’objets et la rémunération des créateurs.

Rien ne se perd, tout se transforme                        

dechetsdarts-fleurs-durables-02-web-199x300En cette période de crise, et plus particulièrement dans cette banlieue parisienne, l’initiative positive réjouit plus d’un citoyen. Les personnes qui viennent aux ateliers collectent directement les déchets qui permettent les créations. Des ramassages avec le service culturel de la mairie sont également organisés. Non seulement les ordures ne sont plus détruites mais elles sont réutilisées de manière positive. Les cours accueillent une dizaine de personnes gratuitement, qui peuvent, selon leurs ressources, adhérer à l’association.

« Tout ce qui brille, n’est pas de l’or mais peut le devenir »

Les déchets et objets insolites en tout genre ne sont pas étrangers à Anne-Dominique Gâté. L’artiste a toujours su voir dans le banal, l’inutile ou l’abîmé, des trésors merveilleux. C’est cette passion qui l’anime. Nos yeux ont parfois du mal à voir un bijou luxueux dans un petit bout de ferraille, mais la magie est pourtant déjà là. Ces œuvres sont d’ailleurs surprenantes de raffinement lorsque l’on apprend leurs provenances.

en-mode-recup-atelier-saint-denis-ursule-mariama-web-224x300Même si ce n’était pas l’objectif principal d’Anne-Dominique Gaté et de Nicole Hollier – co-fondatrice de l’association – la revalorisation du quartier passe par ce genre d’initiatives. Ce qui a toute de suite retenu leur attention c’est la diversité sociale de la Seine Saint-Denis. Autant de savoir faire traditionnels que d’individus. C’est ce que valorisent les deux fondatrices qui cherchent à cultiver des techniques de production ancestrales et artisanales.

Un lien humain et social

Les participants se sentent acceptés dans leur diversité et « valorisés grâce à leur travail et à leurs créations », affirme Océane Herrou, troisième gérante de l’association.

en-mode-recup-atelier-saint-denis-anne-do-renee-claire-web-270x300Ecologiques, humains et créatifs, ces modules attirent surtout des femmes. Pendant que l’une tisse, l’autre s’adonne au crochet sur un sac en plastique.  » On vient d’abord pour se retrouver, pour se faire plaisir »  souligne Océane Herrou. Avant de préciser « Les hommes sont les bienvenus, bien sûr, même si nous choisissons souvent des thèmes qui parlent plus aux femmes, comme la mode ou la décoration d’intérieur. » En revanche, toutes les générations se mêlent. Des animations pour enfants peuvent même être organisées.

Pour plus d’informations rendez-vous sur le site internet de la formation : www.dechetsdarts.com

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.