Tauromachie

Des anticorridas poursuivis en justice

Après avoir été molestés à Rodilhan, près de Nîmes, il y a quatre ans, des militants anti-tauromachie attendent toujours le procès de leurs agresseurs. Pire, ils risquent même d’être poursuivis.

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Nous vous en parlions sur Néoplanète au moment des faits. En 2011, alors qu’ils tentent d’empêcher une corrida d’avoir lieu en s’enchaînant sur la piste, des anticorridas sont violemment évacués de l’arène. Ils reçoivent des coups de pieds, des coups de poings, et sont braqués par une lance à incendie. Dans les gradins, certains tentent de déplier des banderoles et subissent le même traitement.

La scène d’une vingtaine de minute est filmée par d’autres militants depuis la tribune. Les violences se poursuivent sous les yeux de trois élus aficionados : Jean-Paul Fournier, sénateur et maire de Nîmes, Daniel-Jean Valade, son adjoint et Serge Reder, maire de Rodilhan. Ce dernier finit même par descendre dans l’arène pour bousculer certains militants.

Les anticorridas déposent une soixantaine de plaintes pour violence en réunion, coups et blessures, menaces de mort, non-assistance à personne en danger, et même attouchements sexuels. L’enquête, menée par la brigade de gendarmerie de Bellegarde, va durer trois ans. Les vidéos fournissent des preuves accablantes mais les enquêteurs ne s’arrêtent pas là. La moindre gifle, coup de pied est analysé, chaque certificat médical est vérifié. Cela aboutira à l’identification de 23 auteurs présumés et à une quarantaine de plaintes retenues.

Malgré cela, il n’y a toujours aucun procès en vue. Il semble que les procureurs successifs se passent « la patate chaude ». Les corridas étant légales dans la région de Nîmes, et la manifestation des anticorridas n’ayant pas été préalablement déclarée aux autorités, les militants risquent d’être poursuivis. Reste à savoir si un tel procès pourrait se tenir en toute impartialité dans un tel bastion de la tauromachie. Les avocats des anticorridas réclament déjà son dépaysement.

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Paul Brinio

Né dans le sac à dos de ses parents, cet aspirant journaliste tombe rapidement amoureux de la radio. Après avoir traîné sa barbe et ses cheveux à RFI Bruxelles et dans des rédactions locales, il termine sa formation de journaliste, rejoint l'équipe de Néoplanète en 2015 et continu ses études de géopolitique dans un souci de conquête mondiale.