Déneigement : la note est salée !

En hiver, le sel de déneigement est le meilleur ami des automobilistes. Mais en se dispersant sur la chaussée, puis dans le milieu environnant, il pollue toute la nature à proximité des routes. A lire dans Néoplanète n° 26.

 

 

 

 

 

 

 

Ce surplus de sodium intoxique les rivières, la vie aquatique et les végétaux. « Si la plupart des organismes aquatiques (flore comprise) se sont adaptés […], certaines espèces restent vulnérables face à ce stress polluant, ce qui peut engendrer des perturbations et une fragilisation des écosystèmes les plus sensibles », informe une étude du Sétra, le Service d’études sur le transport, les routes et leurs aménagements.

ATTENTION, RISQUE DE DÉRAPAGE !

À plus long terme, le sel rend fragiles les plantes et les animaux. Au Canada, on considère qu’il est la principale cause de la disparition d’espèces locales, comme le saumon et certains amphibiens. De plus, les fondants transportent souvent des métaux lourds (cadmium, chrome, nickel, cuivre, plomb et zinc) présents
sur les routes, en raison de l’usure des pneumatiques, des plaquettes de frein, de la carrosserie, etc. C’est pour cette raison que l’on vous recommande de nettoyer votre voiture après la saison hivernale, car le sel attaque non seulement la peinture, mais aussi le châssis. Il est si corrosif qu’il irrite également les animaux de compagnie. N’oubliez donc pas de rincer leurs pattes à l’eau !

Malheureusement, aucune loi n’encadre encore son utilisation en France, alors qu’elle a augmenté de 70 % en trente ans ! Ainsi, au cours de l’hiver 2010-2011, deux millions de tonnes (soit 200 000 camions de dix tonnes) ont été déversées dans la nature. Les alternatives ? Pas convaincantes ! Le sable antidérapant obstrue, au moment de sa dispersion, le réseau d’assainissement. Les copeaux de bois – dont la production nécessite beaucoup d’énergie – se gorgent d’eau lors du dégel et, une fois regelés, peuvent devenir glissants et dangereux. D’où l’intérêt de l’innovation proposée par la société SnowFree qui réduit de 70 % l’usage du sel en le mélangeant avec des résidus de pressurage de raisins, des déchets totalement biodégradables. Des tests sont effectués à grande échelle, cet hiver, chez nous.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.