Débat : c’est quoi la beauté ?

Rares sont les femmes qui entretiennent une relation paisible avec leur apparence. La beauté aide-t-elle à mieux vivre ? Peut-elle avoir des effets pervers ? Qu’est-ce qui fait que l’on se sent belle ou pas ? La journaliste Yolaine de la Bigne, auteure du livre « Sois belle et bats-toi ! » (Lamartinière),  et la sociologue Sophie Combes, auteure de « Le Beau Sexe, Femmes dans le monde et Apparence physique » (Kawa), ont accepté d’en débattre.

Extrait du magazine « Femme Majuscule »

Débat : c’est quoi la beauté ?Les petites filles naissent-elles avec une exigence de beauté dans leur berceau ? Attend-t-on d’elles qu’elles soient belles, beaucoup plus que les petits garçons ?

Sophie Combes – Pour moi, c’est une différence fondamentale entre les hommes et les femmes. Les femmes sont décrétées responsables de la beauté du monde. Comme le dit joliment l’historienne et féministe Michelle Perrot, elles sont considérées comme l’ornement de la terre. C’est formidable, mais c’est en même temps un destin très lourd à porter. Au cinéma, dans la littérature, le héros tombe toujours amoureux de la belle et l’héroïne tombe toujours amoureuse du valeureux ! Dès sa naissance, la petite fille est assignée à la séduction et à l’apparence tandis que le petit garçon est poussé vers l’action et la puissance.

Yolaine de la Bigne – Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Certes, cette exigence de beauté existe dès le berceau, mais à mon avis, elle est unisexe. Tous les parents ont envie que leur enfant soit beau, qu’il soit fille ou garçon. Parce qu’ils le considèrent comme un prolongement d’eux-mêmes et que sa beauté vient renforcer leur narcissisme.

Sophie Combes – Il n’empêche que dans la palette des tâches qui sont assignées à une petite fille, il y a celle d’être belle. Le petit garçon, lui, échappe à cette tâche.

Yolaine de la Bigne – Il me semble que c’est plutôt au moment de la puberté que la pression de la beauté se fait plus forte sur les filles. Mais les garçons, à partir de cet âge, subissent eux aussi une forme de pression : celle de la puissance sexuelle. On n’attend pas forcément d’eux qu’ils soient beaux mais qu’ils soient virils, séducteurs. Chacun sa croix !

 

La suite du débat page suivante !

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