De nouveaux systèmes de collecte et de tri des déchets

Depuis quelques temps, les communes fourmillent d’idées pour rendre la collecte et le tri des déchets à la fois économiques, plus confortables pour les agents et surtout écologiques. Voici quatre innovations qui améliorent considérablement la gestion nos déchets.

Des Bennes… électriques !

La ville de Courbevoie (92) vient d’inaugurer la première benne 100% électrique en France (SITA). Ce sont les déchets ménagers des 85 000 habitants de la commune qui vont ainsi être collectés. Il est prévu, à l’horizon 2012, que cette nouvelle génération de bennes remplacera progressivement les bennes actuelles de la ville. Comment fonctionnent ces nouveaux modèles ?  A la différence des anciennes qui roulent avec deux moteurs (thermique et électrique), la nouvelle benne est équipée du seul moteur électrique composé de batteries. Résultat ? 8 heures d’autonomie pour un parcours de 50 km. Et au niveau du confort sonore, les habitants de Courbevoie entendront la différence ! Bien vu lorsqu’on sait que les opérations de collecte se déroulent tôt le matin ou tard le soir. Avec ces nouveaux équipements, la ville réduit l’empreinte écologique de 90% par rapport à un véhicule diesel, et protège ainsi mieux l’atmosphère dans les Hauts-de-Seine. Les opérateurs sentiront eux aussi la différence : ils auront moins de charge à porter car la benne sera plus basse et le pilotage de la levée des bacs sera géré par informatique. La vue au poste de conduite sera panoramique et offrira davantage de visibilité pour le chauffeur. De la sécurité en plus donc !

Transports de papiers et plastiques par rail

Arrêtons-nous à présent en Bretagne, à Rennes plus précisément, où le projet Valorail a vu le jour. Il s’agit d’une solution innovante de transport par rail des papiers et plastiques issus de la collecte sélective des déchets ménagers recyclables. Les matériaux collectés (plastique, acier, aluminium, verre, cartons et journaux, revues, magazines) sont triés puis récupérés par des filières de reprise afin d’être recyclés. Auparavant, le transport de papiers issus de la collecte sélective s’effectuait par la route. Mais pour des raisons écologiques et de sécurité, Rennes Métropole a choisi d’utiliser le transport par rail. A titre de comparaison, Une étude de l’UIRR, réalisée dans le cadre du programme PACT (Pilot Actions for Combined Transport), a démontré qu’un transfert de transports routiers sur le rail permet de réaliser des économies d’énergie de 29% et une réduction des émissions de CO2 jusqu’à 60%. C’est la papeterie Norske Skog Golbey qui a proposé de convoyer les papiers par rail jusqu’à son usine des Vosges depuis le mois d’avril. 12 000 tonnes de papier sont acheminées, recyclées et transformées en bobines de papier. Elles repartiront alors vers le site rennais de production du journal Ouest-France. En cela, Valorail constitue une première en France. A noter que  la filière plastique de Rennes Métropole « Valorplast » s’est déjà engagée sur ce même mode de transport en janvier 2011.


Paris : 1er centre de tri intra muros des collectes sélectives

« On ose enfin trier les déchets dans Paris ! », s’est enthousiasmé Bertrand Delanöe, Maire de Paris, lors de l’inauguration du premier centre de tri de la capitale. Il faut tout de même dépasser le périphérique parisien pour l’atteindre… Il est vrai que la ville de Paris peut être fière de son imposant bâtiment moderne, lancé par le Syctom (agence métropolitaine des déchets ménagers) non loin de Balard (75). Le centre Syctom traite les déchets de 5,5 millions d’habitants -collectés par ses 84 communes adhérentes dont Paris. D’une capacité de 15.000 tonnes par an, le centre reçoit les collectes sélectives de plus de 350.000 habitants, provenant principalement des 14e et 15e arrondissements. Ainsi, elle prône une collecte de déchets responsable en traitant les déchets là où ils sont produits. Ce bâtiment a été conçu pour répondre à des critères de haute qualité environnementale : matériaux recyclés privilégiés, toit végétalisé, capteurs solaires, et cellules photovoltaïques ! Grâce à ces dernières, le centre génère 6 000 KW/an pour fournir de l’eau chaude à ses agents, et pas moins de 25 000 KW/an afin de produire l’électricité.  Vous voulez comprendre comment sont triés les emballages issus des bacs jaunes, comment ils sont préparés et envoyés vers les différentes filières de recyclage ? Sachez que le centre dispose d’un circuit de visite ouvert au public. Des prochains centres de tri semblables à celui-ci sont prévus à Batignole, Bercy puis la Chapelle. En attendant, prochaine visite dans le 15ème arrondissement Paris le 18 juin prochain lors des portes ouvertes du centre.

Collectes hippomobiles

Régression dans le service aux usagers pour certains, excellente idée écologique pour d’autres : la collecte hippomobile commence à s’étendre. Comme dans la municipalité de Schaerbeek, en Belgique, où l’on a décidé de remplacer un des trois camions-poubelles de la ville par des chevaux. Et c’est Taram et Vouziers, deux magnifiques chevaux de trait ardennais, qui vont jouer les agents de la propreté. Même si les frais de vétérinaire, de nourriture ou de maréchal-ferrant sont coûteux, la ville belge gagnera de l’argent sur les cinq années à venir en économisant l’essence ou l’assurance. Aussi, le facteur humain du projet n’est pas négligeable. Grâce à cet attelage, le travail des agents de propreté est valorisé auprès des habitants. Pourtant, le projet ne sera totalement finalisé qu’au mois de septembre. Dans certaines régions en France, on utilise déjà les hippomobiles dans le ramassage des ordures comme à Hazebrouck (59), où est testée la collecte hippomobile depuis début février. La collecte a même été étendue aux ordures ménagères (les sacs gris et non plus seulement les sacs jaunes).

Découvrez les chevaux qui aident au ramassage des poubelles en vidéo :

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