Actu : Shell fore en Guyane française !

Après un imbroglio sans précédent, Shell va finalement débuter de nouvelles prospections pétrolières off-shore ultra-profondes au large de la Guyane française. Alors que l’ex éphémère ministre de l’Ecologie, Nicole Bricq, avait décidé de suspendre la campagne d’exploration pétrolière à la mi-juin, la nouvelle ministre, Delphine Batho, a promis à la compagnie Shell qu’elle pourrait reprendre ses recherches off-shore. Pour rappel, du pétrole a été découvert au large des côtes de ce département d’Outre-mer lors d’un forage exploratoire mené de mars à septembre 2011 à 6 000 mètres de profondeur.

La société Shell a déposé, fin mars 2012, auprès de la Préfecture de la Guyane, un dossier de déclaration d’ouverture de travaux de forage et d’étude sismique en mer à 130 km des côtes et sur une zone d’environ 5 300 km2. Actionnaire majoritaire d’un consortium pétrolier avec Total (Tullow Oil et Northern Petroleum), Shell souhaite réaliser quatre forages d’exploration ultra-profonds, deux en 2012 et deux en 2013. La société entend aussi mener une campagne de recherche d’hydrocarbures par ondes sismiques en 2012.

Ces recherches devraient permettre l’acquisition de données acoustiques grâce à des canons à basses fréquences. Lorsque ces basses fréquences atteignent le substrat géologique, un écho remonte en surface et permet ensuite d’établir une carte en 3D de la géologie sous-marine. Les compagnies pétrolières savent ainsi où forer pour optimiser leurs chances de découvrir du pétrole.

Impacts sur la faune marine

Seul problème des recherches sismiques, « pour des raisons de hauteur d’eau et de pénétration suffisante des ondes dans les formations géologiques, l’intensité des ondes est très élevée » a concédé Shell dans son étude d’impact. Elle estime cependant que les ondes sismiques n’ont qu’au mieux un impact moyen à fort sur les cétacés. Les poissons, les tortues marines et les oiseaux ne devraient en souffrir que modérément.

Christian Roudgé, coordinateur de la Fédération Guyane Nature Environnement qui, sur ce dossier, travaille en lien étroit avec Greenpeace France et la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), n’est pas du même avis. Selon lui, « les impacts sur la faune aquatique (notamment cétacés et poissons, ndlr) sont mal connus. A proximité directe des canons on sait ce qui se passe. Plus loin, non. »

Idem pour ce qui est des forages exploratoires, l’étude de Shell estime que les impacts sur les poissons, les tortues, les cétacés et les oiseaux seront faibles à moyens voire négligeables.

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