De l’herbe à la pompe ?!

Le Pays de Galles travaille sur l’élaboration d’un nouveau carburant vert, à base.. d’herbe ! Baptisé « Grassohol », cet ambitieux projet vise en fait à produire de l’éthanol à partir de « ray grass », une plante fourragère très répandue au Pays de Galles.

Le projet, soutenu par un budget d’un million de livres, est dirigé par l’IBERS (Institut des sciences biologiques, environnementales et rurales de l’Université d’Aberystwyth) en coopération avec deux entreprises galloises,  Aber Instruments et le Groupe Wynnstay. D’après Joe Gallagher (IBERS), l’élaboration d’un carburant à partir de « ray-grass » constitue une solution durable ne remettant pas en cause les intérêts de l’industrie alimentaire.

Sunny Bliss
Creative Commons License photo credit: sgs_1019

Une plante rentable, facile à cultiver, écologiquement viable

En effet, le « ray-grass » est généralement cultivé en association avec du trèfle blanc, qui fixe l’azote dans le sol et agit comme un engrais naturel. Il permet de ce fait de minimiser les coûts de production, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre générées par la fabrication d’engrais de synthèse. Les chercheurs  tenteront donc de mettre en évidence les meilleures méthodes d’extraction et de fermentation des sucres, ainsi que les techniques permettant d’obtenir des rendements et des taux de production d’éthanol maximum.

« Le ray-grass est parfaitement adapté à nos conditions climatiques et à nos sols. Sa culture n’affectera ni les paysages écologiquement sensibles ni la biodiversité, et il a une teneur élevée en hydrates de carbone extractibles. Toutes ces qualités associées en font une plante très intéressante pour la production de carburant, d’un potentiel supérieur à nombre d’autres candidats. Si un nouveau débouché rentable est trouvé pour l’herbe, les agriculteurs pourront augmenter leur production pour répondre à la demande. Techniquement, une même parcelle pourrait servir aussi bien au pâturage des animaux, à la production d’ensilage et à la production de carburant», souligne encore Joe Gallagher.

Une opportunité économique et écologique pour la région

La production britannique de biocarburant est pour le moment très limitée et l’essentiel du bioéthanol vendu actuellement au Royaume-Uni est importé. Le ray-grass apparaît donc comme une solution prometteuse pour la région.

Contrairement au bioéthanol actuel, auquel on peu reprocher de recourir à des cultures qui ont avant tout vocation de nourrir la planète (maïs, blé, canne à sucre) et de représenter à terme un risque pour la sécurité alimentaire mondiale, le ray-grass est présent en abondance au R.U. et n’est pas destiné à l’alimentation humaine. Au Pays de Galles, 1,04 million d’hectares, soit 62% des terres disponibles, sont occupés par des prairies permanentes et constituent donc une importante source de matière première. Un hectare de prairie pourrait produire jusqu’à 4 500 litres d’éthanol ! Des raffineries pourraient alors être créées au niveau local, dans les exploitations.

Le ministre de l’Économie et des Transports, Ieuan Wyn Jones, a déclaré que ce programme de recherche permettait d’espérer la mise au point d’un vrai carburant vert révolutionnaire et rentable : «Si le projet Grassohol aboutit, il pourrait permettre de stimuler l’économie rurale, en donnant aux agriculteurs une nouvelle possibilité viable de se diversifier. On pourrait assister à la création de nouveaux emplois « verts », ainsi qu’à l’émergence de technologies annexes, tournées vers la production et le raffinage du bioéthanol».

Affaire à suivre…

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Tout juste diplômée en lettres et communication, Alexandrine fait ses débuts de journaliste au sein de la rédaction de NEOPLANETE. Elle s'occupe aujourd'hui principalement du contenu du site internet.