De l’équité au développement durable

L’édito d’Alexis du Fontenioux du blog Valinkeo

Sciences Economiques et Sociales, Ecoles des Sciences Commerciales,…. Tant de formules et de dogmes qui présentent l’activité économique et sociale par le prisme froid des mathématiques et qui poussent parfois à un certain déterminisme. Derrière les chiffres pourtant, existe une réalité humaine, faite de relations, de progrès individuels et collectifs, mais aussi de rapports de force qu’aucune équation ne saurait mettre en perspective.

C’est dans ce contexte qu’émergent les notions « d’éthique des affaires », de « moralisation du capitalisme », s’agissant finalement du retour de la dimension politique dans ce que l’on qualifie trop souvent et de façon abusive de sciences. Les récents débats autour de la rémunération des « patrons » ont porté ce sujet à son paroxysme. La question de l’équité d’une rémunération se pose finalement par ce que Jean Paul Fitoussi décrit comme « l’acceptation d’un degré (in)soutenable d’inégalités ».

Les grandes épopées maritimes nous l’ont appris, lorsque le mousse mange à sa faim, l’équipage ne s’offusque pas de voir le capitaine disposer d’un buffet richement garni. Mais lorsque le menu vient à changer, lorsque l’équipage s’inquiète des réserves en cale, alors le régime alimentaire du capitaine est davantage observé. Dans cette situation, si le capitaine ne change pas ses habitudes, si de surcroît et pour faire bonne figure il passe du homard à la langouste en présentant cela comme un effort pour la collectivité, alors la mutinerie menace.

Old Sailing Ship Named Belem
Creative Commons License photo credit: Tactus68

Quand l’entreprise s’attache à développer et à communiquer sa responsabilité sociale et environnementale, la rémunération de ses dirigeants devient un élément déterminant d’analyse des parties prenantes. Les responsables patronaux ont tort de s’inquiéter d’une intrusion politique dans leur système de rémunération, l’équité n’est pas l’égalité, c’est un degré d’acceptabilité nécessaire à la cohésion sociale, à la performance d’une organisation.

« Lorsque les inégalités sont fortes, la société ne peut se projeter dans l’avenir » (Jean Paul Fitoussi), l’équité est bien une question de développement durable.

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.