De l’eau dans l’air : capter la rosée lorsque l’eau manque

Dew_on_grass_Luc_Viatour crédit photo WikipédiaIl y a beaucoup d’eau dans l’air et pas seulement celle qu’on voit dans les nuages. Le problème est d’arriver à la recueillir, pour en faire bénéficier les pays qui en manquent cruellement.


Pratiquement toute l’eau qui se trouve dans l’atmosphère est de la vapeur et elle représente des millions de mètres cubes. Depuis au moins un siècle et partout dans le monde, on a mis au point des procédés divers pour essayer de récupérer la rosée, avec plus ou moins de succès. De grands voiles ont été déployés en Inde pour un résultat modeste.
Récemment, des chercheurs français du CNRS (*) ont réussi une belle « récolte » de rosée grâce à un procédé aussi simple que futé qui favorise la condensation de l’eau dans l’atmosphère sur un toit. Partant du constat que la rosée se dépose au petit matin sur des lieux plus froids que l’air ambiant, ils utilisent des peintures et de films en polyéthylène qu’ils « dopent » avec des microbilles d’oxyde de titane et de sulfate de baryum. Favorisant un refroidissement des toits le soir, ils sont parvenus à récolter en une nuit 0,6 litre d’eau par mètre carré, ce qui est un record absolu, selon les chercheurs. Il n’y a qu’un seul impératif et ça tombe bien pour les zones arides qui souffrent de sécheresse : il faut un ciel dégagé.

L’équipe a aussi mené des études sur la formation de rosée pour développer un modèle adaptable à différents sites, selon les conditions météorologiques et les supports locaux.

Une association – Opur, Organisation pour l’utilisation de la rosée (*) – a permis de coordonner les recherches et des toits ont ainsi pu être équipés pour recueillir la rosée en Croatie, en Israël et à Tahiti. Un système de 15 000 m2 est en construction en Inde et des toits-terrasses vont être aménagés au Maroc avec une autre bonne idée derrière la tête : coupler la capture de la rosée avec des panneaux solaires photovoltaïques. Eau (potable) et électricité à tous les étages !

La nature nous précède toujours. Ainsi le gecko du désert, un petit lézard nocturne équipé de grands yeux globuleux, a trouvé la solution : il recueille la rosée matinale sur ses yeux et il n’a plus qu’à lécher les gouttelettes pour s’abreuver.

(*) Laboratoire « Systèmes physiques de l’environnement » (Corte), et Laboratoire de physique et mécanique des milieux hétérogènes de Paris

(*) www.opur.u-bordeaux.fr

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.