De la stévia transgénique dans nos sodas ?

Vous avez certainement dû remarquer la noria de nouveaux sodas à base de stévia dans vos supermarchés. Après les lights et autres zéros, les produits allégés seraient donc devenus naturels. Alors que les bouteilles des boissons gazeuses se mettent au vert et donnent un côté « forêt » à nos rayons de supermarchés, la stévia présente dans ces produits est-elle vraiment naturelle ? Pourrons-nous un jour avoir de la stévia transgénique dans nos sodas ?

Soda-Glasses

Mais avant tout, la stevia, qu’est-ce que c’est ?

Sur les sites des fabricants de soda, on apprend que la stévia serait une plante originaire du Paraguay, et serait consommée depuis des siècles par les indiens Guarani. Ses feuilles ont un pouvoir sucrant plus élevé que celui du saccharose. Réduites en poudre, elles constituent un édulcorant naturel. Son plus ? La stévia ne vous apportera aucune calorie. Et de petites quantités suffisent à donner une saveur sucrée aux aliments. Si la stévia est consommée depuis des siècles en Amérique du Sud, elle n’est autorisée en France que depuis septembre 2009. Elle apporte ainsi une solution alternative aux édulcorants chimiques tels que l’aspartame, contenu dans certaines boissons… Une alternative qui tombe à pique pour les industriels du soda qui ont vu rouge après le scandale lié à cet édulcorant et ses effets néfastes sur la santé…

Naturellement chimique

A ce jour, la stévia a donc conquis un tiers du marché des édulcorants. Mais une chose ne plaît pas au fabricants. A l’état naturel, concassée, cette plante verte laisse un arrière goût de réglisse… Voilà pourquoi ce n’est pas cette poudre verte qui est utilisée dans nos sodas, mais une version « raffinée ». Nous consommons en réalité une molécule sucrante de la plante originale, une isolation de substance, faite en laboratoire. La stévia des sodas n’est donc pas issue de la terre.

Champ de stevia / DR
Champ de stevia / DR

Ajoutons à cela qu’aujourd’hui la Chine fournit 85% de la production mondiale de cet édulcorant. Les paraguayens qui ont découvert cette plante possèdent désormais moins de 10% du marché. Un secteur attirant pour les cultivateurs chinois qui peuvent multiplier leur revenu par 8 en préférant la stévia au blé ou au maïs. Après la culture sous serre en Chine, la plante reste dans le pays pour subir un lourd processus industriel dont le but est d’extraire une infime partie de la feuille. A la fin du processus la poudre verte est devenue blanche… Il ne reste plus que la molécule qui donne à la stévia son goût sucré, tout le reste a été éliminé, et par conséquent ses autres vertus aussi. On est bien loin du produit traditionnel consommé par les Indiens. Cela ne suffit cependant pas à retirer son arrière goût. (sources : ici, ici et aussi)

boire-des-sodas-augmenterait-le-risque-de-calculs-renauxAinsi, en Suisse, une stévia transgénique est cultivée en laboratoire. Notre « édulcorant du Paraguay » y est mélangé à de la levure génétiquement modifiée afin de la ferme « germer » comme un bouillon de culture. Cette « stévia » arrivera sur le marché en 2016 et sera vendue aux industriels. Ils semblerait que, comme avec leurs précédents produit, les industriels du sodas jouent sur notre désir de nous donner « bonne conscience » en consommant ces boissons. A chacun de prendre ses responsabilités sur ce qu’il met dans son gobelet. (sources : par ) Une petite soif ?

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Paul Brinio

Né dans le sac à dos de ses parents, cet aspirant journaliste tombe rapidement amoureux de la radio. Après avoir traîné sa barbe et ses cheveux à RFI Bruxelles et dans des rédactions locales, il termine sa formation de journaliste, rejoint l'équipe de Néoplanète en 2015 et continu ses études de géopolitique dans un souci de conquête mondiale.