Cultures OGM : place à la liberté de choix

Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) (1) a rendu avant-hier son avis sur les conditions de coexistence entre les cultures OGM et non OGM en France.

La conclusion est sans appel. Selon le HCB il est tout à fait possible que cultures OGM et non OGM cohabitent. « La coexistence c’est aussi une question de liberté de choix » a souligné le Président du HCB, Jean-François Dhainaut, dans son discours d’introduction.

Etude de la contamination

Pour arriver à cette conclusion, les équipes scientifiques du HCB ont étudié les conditions techniques relatives à la mise en culture, la récolte, le stockage et le transport de végétaux génétiquement modifiés qui permettraient de minimiser leur présence fortuite dans d’autres productions, conventionnelles ou bio. Deux taux de présence fortuite ont été pris en compte : un taux de 0,9% qui correspond au seuil à partir duquel l’étiquetage des produits contenant des OGM devient obligatoire, et un taux de 0,1%.

Repenser l’agriculture

Christine Noiville, Présidente du Comité économique, éthique et social, admet que « la coexistence soulève toute une série d’interrogations ». Elle suppose notamment de repenser l’organisation du territoire. Par exemple, pour que le taux de présence fortuite d’OGM dans les pommes de terre ne dépasse pas 0,9%, il faudrait respecter une certaine distance entre champs OGM et champs non OGM. Cette distance varie en fonction des sols, du climat, des paysages agricoles ou encore des pratiques de agronomiques. C’est pourquoi « le HCB a choisi de ne pas proposer une distance universelle » explique Jean-Claude Pagès, Président du Comité scientifique.

Parmi les autres propositions du HCB, on relève la formation des agriculteurs aux techniques de production d’OGM ou la mise en place d’un fond d’indemnisation destiné à indemniser les présences fortuites.

Autorisés ou non ?

La Loi du 25 juin 2008 relative aux organismes génétiquement modifié reconnait que « la liberté de consommer et de produire avec ou sans organismes génétiquement modifiés […] est garantie dans le respect des principes de précaution, de prévention, d’information, de participation et de responsabilité. ». Mais dans les faits, il n’y a plus d’OGM cultivés à des fins commerciales en France depuis sa publication car cette loi est par ailleurs très contraignante. Les cultivateurs d’OGM doivent par exemple impérativement informer l’administration et les agriculteurs alentours de leurs pratiques.

Toutefois, Christine Noiville a tenu à rappeler que « ce qui vaut pour le maïs Mon 810 [le Ministère de l’agriculture a récemment réaffirmé son opposition à sa culture en France] ne vaut pas pour tous les OGM en France ». Voilà de quoi relancer une culture polémique. C’était d’ailleurs bien l’objectif de cette communication du HCB : montrer qu’il est possible de produire des OGM en France sans affecter l’innocuité des autres productions… Verra-t-on bientôt le retour les faucheurs volontaires dans nos campagnes ?

 

Interview radio à écouter

Jean-Claude Pagès, Président du Comité scientifique du HCB, nous explique ce que sont les OGM et à quoi ils servent. (2’51)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2012/01/OGM-1.mp3|titles=OGM ]

Jean-Claude Pagès nous explique ensuite pourquoi les OGM à vocation alimentaire font polémique. Il évoque également les procédures d’autorisation de mise sur le marché des OGM, ainsi que celles pour la mise en culture. Enfin, il donne des chiffres concernant la production d’OGM en France. (5’06)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2012/01/OGM-2.mp3|titles=OGM debat]

Jean-Claude Pagès revient sur l’avis et les recommandations rendus par le HCB. (1’07)

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2012/01/OGM-3.mp3|titles=OGM HCB]

 

A lire

Explique-moi… Les OGM – Nane Editions, 40 pages, 9 euros

Qu’est-ce qu’un OGM ? Quels sont les avantages et les risques engendrés par les OGM ? Quels contrôles sont mis en place ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage pour toute la famille entend répondre. Mais on regrette parfois le manque d’objectivité à propos de la dangerosité des OGM vis-à-vis de l’environnement ou notre santé.

 

 

A voir

Greenpeace a publié sur son site internet une vidéo qui explique pourquoi l’association s’oppose à la culture des OGM. Greenpeace a également rédigé un « Guide des produits avec ou sans OGM » pour que les consommateurs soucieux de leur alimentation et de la planète puissent faire le bon choix.

 

 

(1) Le HCB a pour mission d’émettre des avis et des recommandations afin d’éclairer les politiques sur les questions liées aux biotechnologies. Il a été mis en place par la loi n°2008-595 du 25 juin 2008 dans le sillage du « Grenelle de l’environnement » de 2007 (dit Grenelle 2). Il est constitué de deux comités indépendants : un Comité scientifique (CS) et un Comité économique, éthique et social (CEES).

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