Santé :

Comment cultiver son jardin médicinal ?

Migraines, fatigue, nausées, rhumatismes… Qui ne souhaiterait pas se soigner et prévenir les maux les plus courants sans avoir besoin de remplir l’armoire à pharmacie de pilules, cachets, sirops divers et variés, souvent non remboursés par la sécurité sociale et difficilement recyclables ? L’ouvrage de Virgine Peytavi, 55 plantes médicinales dans mon jardin aux Editions Terre Vivante propose des conseils efficaces pour fabriquer soi-même des remèdes simples à base de plantes cultivées chez soi, dans son jardin ou sur son balcon.

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© Éditions Terre vivante

A une époque où la surconsommation de médicaments devient un problème, la phytothérapie se refait une place sur le devant de la scène médicale. En 1941, le gouvernement de Vichy supprimait le métier d’herboriste. Il n’a jamais été réintroduit mais rien n’empêche un individu de devenir son propre herboriste. Conseillère en phyto-aromathérapie et créatrice du centre de formation du Jardin des Méditerranées, Virginie Peytavi livre un ouvrage complet et précis pour que chacun puisse cultiver son jardin médicinal selon ses besoins personnels et ceux de ses proches.

Chacun n’a pas besoin de cultiver toutes les plantes médicinales possibles et imaginables. Les besoins du jardinier et de son entourage vont orienter celui-ci à choisir telle ou telle plante surtout que, « si l’on considère la multitude de molécules que renferme chaque plante, il serait réducteur de penser qu’à un problème correspond une plante ou vice versa ». Ainsi, une même plante peut présenter un éventail large pour certains maux. Par exemple le myrtillier, une plante de sous bois, a de multiples propriétés. Les baies sont protectrices et réparatrices des micro-vaisseaux rétiniens mais aussi vasoprotectrices, les feuilles et les fruits séchés sont antibactériens intestinaux et antidiarrhéiques, la feuille est aussi hypoglycémiante (elle diminue le taux de sucre dans le sang) et antidiabétique.

Quelques exemples de plantes à faire pousser chez soi

Pour ceux qui souffrent de cystites chroniques ou de rhumatismes, la bruyère est un diurétique puissant, astringente (permet la contraction des muqueuses) et antiseptique des voies urinaires. Elle se récolte de juillet à octobre et donne de jolies grappes roses ou mauves qui attirent les abeilles.
Ceux qui attirent les moustiques durant l’été seront contents de connaître la citronnelle. Elle est principalement réputée pour ses propriétés insecticides répulsives mais elle permet aussi de soulager la fièvre et possède des vertus anti-inflammatoires contre les douleurs musculaires et articulaires. Elle se récolte toute l’année mais elle est frileuse, il vaut mieux la cultiver dans des régions chaudes ou en pot pour pouvoir la rentrer l’hiver.
Les insomniaques doivent déjà être des experts la camomille romaine, qui se vend sous forme de tisane dans les grandes surfaces. Elle possède une action tranquillisante et sédative sur le système nerveux central. Mais celle-ci a aussi des propriétés anti-inflammatoires et adoucissantes, utiles lors d’affections dermatologiques. Elle permet aussi d’apaiser les troubles digestifs. La camomille se cultive facilement et se récolte de juin à août.

« 70% de nos médicaments proviennent directement des plantes ou en sont dérivés. » Cultiver soi-même certaines plantes médicinales permet ainsi de reconstruire une approche de la santé en harmonie avec la nature les bienfaits qu’elle nous apporte. Attention tout de même à ne pas jouer au druide, certaines plantes sont toxiques et il faut prendre en compte les mises en garde indiquer dans l’ouvrage. De plus, si les symptômes persistent, malgré l’utilisation régulière d’infusions ou baumes concoctés à domicile, c’est qu’un rendez-vous chez un médecin généraliste s’impose.

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Sylvie Nadin

Après un master en sciences de l'atmosphère et de l'océan, Sylvie débute une formation en journalisme. La science doit être accessible à tout le monde et pas qu'aux scientifiques ! Face aux problèmes environnementaux actuels, elle s'engage personnellement dans la voie de l'écologie. Souvent pessimiste, elle croit tout de même qu'un avenir radieux est possible, si on se donne la peine de le construire.