Coup de projecteur sur les illuminations en ville

Traditionnelles, incontournables, les illuminations de Noël ont déjà investi les villes de France. Niveau économie d’énergie, on touche le fond pendant les fêtes. Et le reste de l’année ? Bâtiments publics, monuments, trottoir, etc., sont constamment sous les projecteurs. Pourtant, les mairies font des efforts pour diminuer leur consommation d’électricité. Tour de France des villes qui éteignent en sortant avant, pendant et après les fêtes.

La ville Lumière s’habille en LED
Dans la capitale, les initiatives pour une gestion éco-responsable de l’énergie se multiplient. Les Champs-Elysées se sont parés de LED RGB (Red Green Blue) pour diminuer encore de 40% leur consommation énergétique de Noël. Depuis 2007, la ville de Paris se serre la ceinture. De 2007 à 2010, la plus belle avenue du monde engloutissait 50 000 kWh chaque fin d’année (480 000 kWh en 2006 et avant). Cette année, seulement 31 000 kWh seront nécessaires soit la consommation électrique de huit familles de quatre personnes en appartement à Paris. Vingt-six panneaux photovoltaïques d’une ferme solaire des Pyrénées Orientales produiront en quarante jours la totalité de la dépense électrique de ces illuminations. Une manière de compenser durablement l’utilisation d’énergie qui ne l’est pas.

Un autre emblème de Paris va opter pour des LED, le musée du Louvre. Il en a fallu du temps (un an) pour mettre au point ces LED qui vont préserver l’aspect visuel de la cour Napoléon avec sa fameuse pyramide. Elles mettront en valeur ce monument, pour la première fois, le 6 décembre. Cette nouvelle mise en lumière permettra d’économiser 73 % d’électricité, passant ainsi de 392 000 W à 105 000 par an. L’année prochaine, la cour carrée du musée bénéficiera de la même installation.

Les Lyonnais éteignent en sortant du parc
Lyon est une des villes les plus innovantes en matière d’éclairage. Il faut dire qu’entre la Fête des Lumières, les éclairages publics (monuments, trottoirs, ponts, bâtiments, etc.) et ceux de fin d’année, elle est aussi est une grosse consommatrice. Entre 2005 et 2011, la ville des frères Lumière a diminué de 7 millions de kWh sa consommation, soit 10 % de la totalité de l’énergie consommée pendant cette période… C’est un bon début.

Pour ce qui est de l’éclairage public, Lyon, comme les autres villes de France, tente de réduire sa consommation en éclairant moins et mieux. Le nouveau plan Lumière de la ville limitera l’éclairage des trottoirs sur vingt-sept grands axes. Deux lampes seront installées sur les candélabres, l’une pour la chaussée, l’autre pour les piétons. Celles pour les piétons seront éteintes à minuit. Autre innovation, des dispositifs de détection de présence seront installés dans deux squares et sur une passerelle piétonne qui enjambe la Saône. Un autre square sera équipé d’un gros bouton pour laisser les Lyonnais allumer ou éteindre en fonction des besoins.

En Bretagne, on est parfois écolo par nécessité
A Rennes, le temps d’éclairage des illuminations a été réduit de deux semaines. Les lumières sont éteintes à 23 h (sauf les 24 et 31 décembre), alors qu’avant, elles restaient allumées toute la nuit. Chaque année, de plus en plus d’ampoules sont remplacées par des LED. Des changements qui se font petit à petit en raison du coup d’achat et de pose. La rentabilité est à envisager sur le long terme mais les économies sont visibles dès la première utilisation. L’année dernière, les nouvelles LED installées ont permis d’économiser 300 000 watt ! Pour l’éclairage d’une avenue, on passe de 135 000 W à 6 000 W !

En matière de sobriété énergétique, les Bretons sont déjà soumis aux alertes Ecowatt. L’alerte est « déclenchée » quand il y a risque de surcharge du réseau et donc, des risques de coupure. Alors, la mairie de Rennes et ses citoyens éteignent un maximum d’appareils électriques publiques (éclairages des bâtiments publics et des monuments) ou privés.

La belle initiative de Laval qui tombe à plat…
En 2009, la mairie de Laval (53) a innové en installant des éoliennes pour fournir l’électricité nécessaire aux illuminations de Noël. Parties intégrantes du dispositif, les éoliennes étaient disposées au cœur de la ville et mises en valeur avec des lumières changeantes. L’opération n’a pas été reconduite. Le dispositif était trop lourd à mettre en place et les économies d’énergie et d’argent pas assez importantes. Les éoliennes urbaines ne sont plus à l’ordre du jour mais restent dans les esprits comme une possibilité. Cette année, Laval se contente d’un éclairage 100 % LED, ce qui est déjà plus économique et écologique que certaines de ses grandes sœurs.

Et aussi
A Strasbourg, la mairie a supprimé une ampoule sur trois pour les décorations des fêtes.

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