Copenhague-la-verte : capitale modèle européenne

Credit : Wikipedia S’il y a une ville qui n’a pas volé son titre de « Capitale verte européenne » en 2014, c’est bien Copenhague, cette cité qui compte plus de vélos que d’habitants. D’abord connue pour sa pratique record du vélo, Copenhague est aussi la ville qui mène une stratégie modèle de développement durable.

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Dans ce pays qui a été un des premiers au monde à adopter une loi de protection de l’environnement, Copenhague ambitionne de devenir la première capitale « zéro-carbone » en 2025. Pour cela, le vélo et des transports publics performants ne suffiront pas. C’est toute la production énergétique qui devra continuer à évoluer vers les énergies renouvelables, en particulier pour le chauffage.

Pas de solution unique mais un ensemble de projets de long terme – comme un plan de lutte contre le changement climatique – et dont les résultats peuvent déjà être mesurés : éolien, réseau de chauffage et transports doux. Comment passer à une ville « zéro émission » de CO2 et devenir une « éco-métropole » rayonnant sur la Suède grâce au pont qui la relie à Malmö ? Pas de « plan développement durable » spécifique mais une planification urbaine favorisant la proximité logements/équipements, servie par une volonté politique affirmée à tous les niveaux. Mais aussi une vision de long terme favorisant une intégration des pratiques de la ville durable, au demeurant bien comprises par des citadins informés. Outre l’utilisation massive du vélo – personnel ou en libre-service gratuit – la réussite de Copenhague repose sur plusieurs piliers, selon Hans Christian Christiansen, Conseiller pour les questions techniques et environnementales de la Ville:

  • Après un premier plan en 1988, la Loi sur la protection de l’environnement (1972) a fourni le cadre nécessaire à pratiquement toutes les actions soutenables pour des décennies ;
  • un niveau de taxes locales élevé a donné aux gestionnaires de la ville les moyens de leurs ambitions ;
  • les incitations fiscales pour les énergies renouvelables ont permis de développer un réseau de chauffage collectif utilisant des énergies propres dans tout le district (1,25 million d’habitants) et de favoriser les investissements dans l’énergie éolienne (*) grâce aussi à un système coopératif et le soutien de la population.GDF_SUEZ_logoSFR_RVB2013
  • Les investissements pour les infrastructures cyclables ont permis un fort développement de ce mode de transport, contribuant à la santé des utilisateurs et à une forte réduction des émissions polluantes et de gaz à effet de serre.
  • Cleantech et R&D : les technologies propres se sont développées depuis des années, qu’il s’agisse des énergies renouvelables, de la gestion de l’eau ou de la construction.
  • Le Plan d’adaptation au changement climatique, élaboré sur 30, 50 et 100 ans, se concentre sur trois menaces majeures : des précipitations plus abondantes (+ 30% dans les 30 ans), l’élévation du niveau de la mer et les évènements exceptionnels (raz de marée, etc.)
  • Un bémol : les niveaux de production de déchets restent très élevés malgré de nombreuses campagnes et initiatives.

Des chiffres fous sur les vélos de Copenhague, en page 2.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.