Climat :

COP22 à Marrakech : agir et vite !

Agir et vite. Après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris pour le climat vendredi dernier, la COP22 – 22ème conférence climat de l’ONU – s’ouvre aujourd’hui à Marrakech (Maroc). Une étape tout aussi importante dans la lutte contre le réchauffement climatique car il s’agit de mettre en œuvre les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par les pays lors de cet accord historique voté en décembre 2015.

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– Les plus grands pollueurs du monde, la Chine, les États-Unis et l’Union européenne, ont ratifié l’accord. En Australie et au Japon, les processus sont engagés. Bonnet d’âne à la Russie qui n’a pas donné d’indication sur une date de ratification.

– Cet Accord de Paris a permis de lancer une dynamique inimaginable s’il n’avait pas été adopté. Néanmoins, selon un rapport de l’ONU publié jeudi dernier, « le monde continue de se diriger vers une hausse des températures de 2,9°C à 3,4°C d’ici la fin du siècle » si les pays ne renforcent pas leurs engagements de Paris. L’heure n’est donc plus aux bonnes décisions mais à la concrétisation pour pouvoir réduire de 25% les émissions prévues d’ici à 2030.

Cet accord a permis de conclure en 2016 deux nouveaux accords sur le climat visant à réglementer les émissions du secteur aéronautique et les émissions de HFC, les « super gaz à effet de serre ». Mais ces différents éléments ne sauraient suffire au regard de l’ambition nécessaire ; l’accord trouvé pour l’aviation, notamment, est trop faible.

Qu’attend-t-on principalement de la COP22 pour limiter la hausse de température à moins de 2 ?

Maroc crédit EV
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1. Se mettre d’accord sur une date-butoir pour décider des règles d’application de l’accord, notamment les règles de transparence. « 2017 ce n’est pas réaliste, mais 2018 c’est envisageable » selon Laurence Tubiana, la négociatrice française.

Ces règles concerneront les informations que les pays devront fournir sur leurs démarches pour limiter leurs émissions et la progression des aides financières publiques.

Parallèlement à une transparence accrue, l’accord repose sur un renforcement des plans d’action de chaque pays qui vont jusqu’en 2025 ou 2030.

2. mesurer les progrès des quelques 70 coalitions lancées à l’occasion de la COP21 (alliance solaire, innovation, pratiques agricoles, systèmes d’alerte, etc.).

3. mesurer les possibilités de croissance liées à l’économie verte (et bleue) avec le développement des technologies vertes alors que selon l’Agence internationale de l’énergie, l’Union européenne aura pris du retard par rapport aux États-Unis et à la Chine dans le déploiement des renouvelables dans les cinq prochaines années.

4. Les pays africains espèrent beaucoup de l’Initiative pour les énergies renouvelables et des 10 milliards promis pour promouvoir les énergies vertes sur le continent. A noter que les pays du Nord se sont engagés à mobiliser chaque année 100 milliards de dollars d’ici 2020 pour soutenir les pays du Sud. C’est une somme « plancher » : les pays du Nord sont appelés à proposer un nouvel objectif chiffré avant 2025.

Bien sûr, l’élection américaine sera très attendue à Marrakech…

Crédit EV
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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.