Consommer ? Posséder ? Communiquer ?

Par Gilles Berhault, Président du Comité 21 et Président d’ACIDD

Malgré une montée de résistances organisées et du scepticisme bien relayée, le développement durable s’est imposé. Il s’agit de prendre en compte dans chaque décision, microscopique ou grande, une vision globale et systémique. La démarche est maintenant incontournable dans la communication des entreprises, mais aussi des collectivités territoriales, des institutions.

En parallèle, la communication vit sa métamorphose. Nous passons à la communication conversationnelle, en une interaction permanente. Le grand prix des Phénix 2011 de l’Union des annonceurs[1] est une campagne différente qui préfigure la communication de demain, plus fondée sur le talent, le story telling. Les investissements sur Internet sont de plus en plus importants, surtout sur les réseaux sociaux. Les relations publiques, l’événementiel sont de plus en plus stratégiques… constituant dans le monde réel des « réseaux sociaux » fondés que l’émotionnel et encore une fois la narration.

C’est un monde en accélération, et en expansion. Nous serons 7 milliards dans quelques jours, bientôt 9 ou 10. Qu’allons-nous en faire ?

Il y a 19 ans, s’inventait à Rio, lors du premier Sommet de la terre de l’ONU, un outil démocratique, proposant à chacun de partager et de coréaliser sa vie. Cet outil s’appelle Agenda21[2], feuille de route pour le 21e siècle. C’est une approche différente des territoires où chacun a un rôle et une responsabilité vis-à-vis de l’autre et de l’environnement. C’est une logique forcément démocratique, forcément ambitieuse sur le plan éducatif. C’est aussi une approche source de créativité, car les solutions d’aujourd’hui et de demain restent à inventer.

Deux tendances lourdes s’affirment. La première est la responsabilité des communicants : donneurs d’ordre, publicitaires, agences, imprimeurs, médias, organisateurs d’événements… Responsabilité ne veut dire pas qu’ils doivent se restreindre, bien au contraire. Dans ce monde interconnecté, ils sont plus que les autres en capacité d’agir et d’être efficaces pour « inventer la vie qui avec ». La seconde est que la communication n’est plus réservée à des professionnels. Nous devenons tous des professionnels de la communication. Chacun conçoit, produit et relaye des informations en nombre exponentiel, équipés 24 heures sur 24 d’outils en capacité de renverser un gouvernement, faire faillite à une entreprise, dénoncer une atteinte sexuelle… ou accomplir un acte généreux et constructif.

Le développement durable est un lien entre ceux qui croient en la prospérité de l’humanité[3]. L’économie actuelle est encore trop fondée sur la consommation sans retour arrière de notre capital collectif : épuisement des ressources physiques, l’humain considéré comme futur déchetCommunication, créativité, prospérité, humanité sont les mots clefs, ils ont besoin d’espaces d’échange et de partage des bonnes idées. Ce seront d’ailleurs ceux de la neuvième Université d’été de la communication pour le développement durable[4].

Par Gilles Berhault : www.gillesberhault.com

Président du Comité 21 www.comite21.org

Président d’ACIDD www.acidd.com


[1] Campagne Oasis.

[2] www.agenda21france.org (Comité 21)

[3] Bettina Laville, Université d’été de la communication pour le développement durable 2009

[4] 30 et 31 août 2011, La Tour d’Aigues – Luberon. www.communicationdeveloppementdurable.com

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