Conso : l’affichage environnemental testé dès juillet par 168 entreprises

Faire connaître au consommateur l’impact environnemental des produits qu’il achète, voilà l’objectif de l’affichage environnemental. Mis en chantier lors du Grenelle 2 de l’environnement, cet étiquetage devait être obligatoire au 1er janvier 2011. Il ne sera expérimenté sur 1 000 produits à partir de juillet prochain pour une durée de 12 mois.

« Je crois au pouvoir du consommateur pour orienter nos économies sur les voies d’un développement responsable, explique Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie. Avec la mise en place de l’affichage environnemental, nous lui donnons le moyen d’agir. » Le constat du ministère est simple : 54 % des Français se méfient des arguments écologiques des publicitaires, mais 74 % d’entre eux souhaitent connaître l’impact écologique des produits qu’ils achètent (1).

Pour répondre à leurs exigences, le gouvernement a sondé des entreprises. 230 ont accepté de participer à ce nouvel affichage environnemental et 168 ont été retenues. Sur quels critères ? Leurs émissions de gaz à effet de serre et l’impact sur les ressources naturelles (l’eau, la biodiversité, l’air, la consommation d’énergie…) de leurs marchandises. « Les produits proposés pour l’expérimentation couvrent un large spectre : l’alimentaire (un tiers des candidatures), le textile et l’habillement, l’ameublement, les produits de construction et de bricolage, l’entretien, les soins de la personne, l’imprimerie et l’édition… », précise le ministère. Cette mesure vise à informer les consommateurs, mais aussi à responsabiliser les producteurs et les distributeurs. Facteur de compétitivité pour les entreprises, ce futur affichage devrait les inciter à réduire leur impact sur l’environnement.

A l’issue d’une expérimentation, le Gouvernement remettra un rapport d’évaluation au Parlement. La généralisation de l’affichage des caractéristiques environnementales pourrait alors être décidée.

Aujourd’hui, plusieurs pays comme le Japon, le Royaume-Uni, la Suède ou l’Allemagne se sont déjà soumis à un tel affichage ou y réfléchissent. En Angleterre par exemple, seuls les gaz à effet de serre sont pris en compte. Tesco, Unilever, Boots, Coca-Cola ou Pepsico se sont engagés à mesurer leurs émissions de CO2 et à les réduire sous deux ans. Le consommateur, lui, trouve sur l’emballage un logo en forme d’empreinte de pas qui mentionne les émissions de CO2 du produit. En France, entre une étiquette carbone sur les emballages ou des affiches sur les lieux de vente, le débat sur l’allure du logo n’est pas encore tranché.

« L’étiquette énergie sur l’électro-ménager ou plus récemment l’étiquette CO2 sur les véhicules ont prouvé leur efficacité, tout l’enjeu aujourd’hui est de réussir à passer à la vitesse supérieure en mettant en place une démarche multi-critères qui nous renseigne pleinement sur l’empreinte écologique de nos achats, souligne Nathalie Kosciusko-Morizet. La forte mobilisation des entreprises est un signal positif, il va nous permettre d’aller plus loin pour que chacun puisse disposer des informations lui permettant de modifier sa consommation. »

(1) Etude TNS/Ethicity d’avril 2010

Plus d’infos : http://affichage-environnemental.afnor.org/

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