Les oiseaux de fer d’Anna Built

A l’occasion du concours « Coca-Cola du design durable », Néoplanète vous propose de découvrir tous les quinze jours  le portrait d’un artiste ou d’un designer travaillant à partir d’emballages de boissons. Cette semaine, découvrez les incroyables animaux et bijoux de l’artiste américaine Anna Built.

Les coqs, les hiboux, les mésanges… Anna Built les aime en fer. Ses outils : des boîtes de conserve, des canettes et des fils d’aluminium qu’elle récupère dans les sacs poubelles, les magasins d’occasions et sur les marchés. Ces matériaux sans valeur, elle leur invente un destin : ils deviennent oiseaux et bijoux. Une deuxième vie offerte par une artiste singulière.

Le parcours d’Anna Johansson – son vrai nom – est atypique. Formée pour devenir professeur de peinture classique, avec en poche un Bachelor of Fine Arts et une maîtrise en Enseignement des Arts obtenue à la Rhode Isand School, elle bifurque après ses études. Contre toute attente, elle s’investit dans la technique des vitraux, à la Daniel Maher Stained Glass de Boston, et y reste près de dix ans. D’apprentie, elle passe restauratrice, puis créatrice de ses propres œuvres. Déjà, elle consacre ses heures perdues à la confection de bijoux et de sculptures. En trouant sa première boîte de conserve pour en faire un porte-crayon, elle sent bien qu’elle pourrait aller plus loin.

Récup d’influences, de l’Afrique à Calder

Les enfants d’Afrique lui ont fait découvrir leurs motos et leurs vélos miniatures, faits de morceaux d’aluminium récupérés de canettes et de boîtes de conserve usagées. Des jouets colorés, vivants, uniques. Ça lui a plu, ce côté débrouillard. De retour aux Etats-Unis, elle se souvient des oiseaux fantastiques qu’elle dessinait, quand elle avait vingt ans. Elle décide de les tirer hors du papier, de leur donner du volume. Elle s’inspire des assemblages en trois dimensions du sculpteur américain Alexander Calder, de ses mobiles fragiles en fils de fer tordus et feuilles de plastique colorées. De sa longue expérience du verre, elle garde la passion de découper, de façonner, de souder. Ses rencontres avec la créatrice de décorations d’intérieur Ellen Wieske et le photographe Bobby Hansson vont achever de la convaincre de faire de la récup’ un art. Tous deux croient que de l’ordinaire doit jaillir l’extraordinaire, tous deux maîtres de la reconversion qui « rend gloire à notre vie quotidienne ».

Le système D c’est branché !

Éduquée au respect de l’environnement dès son plus jeune âge, le recyclage est pour Anna un réflexe naturel. Dans la famille, on vit en harmonie avec la nature, c’est une philosophie de vie. Très tôt elle comprend l’importance cruciale des économies d’énergie, et se heurte à l’ignorance de ses concitoyens qui semblent agir comme si les ressources de la Terre étaient inépuisables. Son engagement écolo donc, mais aussi ses moyens financiers limités, l’ont conduit à faire avec ce qu’elle trouvait. La débrouillardise. Récupérer le vieux pour créer le neuf, tendance qui plus est, elle en fait son travail.

A New York, Anna Built crée oiseaux et bijoux au gré de son imagination. Chaque objet est unique, le fruit de ce qu’elle a pu trouver au hasard dans les rues ou les brocantes, et de ce qu’elle avait dans l’esprit à ce moment là.

Toutes ces œuvres sur : www.annabuilt.com

 

Plus d’informations : Concours « Coca-Cola design durable »


Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone