Du compost en ville, c’est possible !

Faire du compost de déchets en appartement, c’est dégoûtant, pas pratique, utile seulement si on jardine ? Pas si sûr… A l’occasion de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets, mettez les idées reçues de côté. Voici de bonnes raisons d’accueillir des vers chez vous.

Verre, plastique, carton… A chacun sa poubelle. Quid des déchets organiques ? Ils représentent jusqu’à 30 % du poids de notre poubelle, selon l’ADEME. Collecter et traiter ces déchets représentent une grosse dépense énergétique et la production de beaucoup de gaz à effet de serre. Pourtant, il existe une solution simple et écolo pour diminuer le poids de nos poubelles : le compost.

« Ça sent l’humus, comme lors d’une balade en forêt », réplique Marie-Eve Fermet quand on lui demande si le compost sent mauvais. Un peu difficile à croire comme réponse et pourtant, elle non plus n’était pas convaincue quand elle a commencé à faire du lombricompostage dans son appartement. Depuis, elle a même lancé son site Internet, bewo.fr, de vente et conseils sur le compostage en ville. L’idée de base : faire reculer les idées reçues sur le compostage et apporter des conseils aux citadins qui veulent commencer l’aventure.

Des travailleurs qui mangent de tout
La solution pour composter en appartement : le lombricomposteur. C’est une « boîte » hermétique qui renferme des vers de l’espèce Eisenia. Ces travailleurs de l’ombre sont friands de déchets végétaux (épluchures, fleurs fanées), céréaliers (pain, pâtes, riz), de coquilles d’œuf, de marc de café, de sachets de thé et même de papier et de carton !

Étanches, les composteurs ne laissent aucune chance à l’évasion. Aucun risque donc de se retrouver avec des vers grouillants dans sa cuisine. De plus, les lombrics n’apprécient pas la lumière. Ils préfèrent rester enfouis sous terre. Si l’idée d’avoir une boîte de vers dans votre cuisine vous rebute vraiment, vous pouvez toujours placer le composteur sur votre balcon. La température idéale pour ces petites bêtes se situe entre 15 et 25°C. « S’ils sont en extérieur, il suffit de les protéger en cas de gel ou de canicule », explique Marie-Eve Fermet.

Si vous prenez bien soin de ces travailleurs, vous n’aurez plus à vous en occuper après les avoir introduits dans la boîte. Les vers se reproduiront naturellement. Ils s’appliqueront à la tâche tant que vous les nourrirez. Le seul contact que vous aurez avec les vers sera lors de la récupération du compost. Il faudra faire le tri entre les vers et l’engrais. Une tâche qui rebute plus les adultes que les enfants.

Des vers créateurs de lien social
Dernière trouvaille éco-citoyenne, l’installation de composteurs collectifs au pied des immeubles. L’association du Toit angevin, à Angers (49), a installé depuis plus d’un an des bacs à compost dans le quartier de la Roseraie. Une initiative qui a beaucoup de succès. Sensibilisés au compostage avant l’arrivée des bacs, les habitants du quartier ont vite commencé à les remplir. Quand l’engrais arrive à maturation, des animateurs organisent une distribution collective conviviale, ce qui permet aux locataires de se rencontrer. Une action qui crée donc du lien social autour des déchets.

Un moyen écologique et économique de gérer ses déchets
Déjà instaurée dans certaines communes, la tarification au poids du traitement des ordures est une des propositions du projet Grenelle 2. La moitié de nos poubelles sont composées de déchets qui peuvent nourrir ces vers (matières organiques et papier-carton). Une famille de quatre personnes produit environ 100 kg de déchets par an. En trois mois, les lombrics transforment 10 kg d’ordures en 1,5 kg d’engrais. Sur l’année, une famille produits 15 kg de compost, contre 100 kg de déchets inutiles. Transformer ses déchets en compost, c’est aussi une économie de sacs poubelles et du compost gratuit pour les amis et voisins si vous n’avez pas la main verte.

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