Compost : en «vers» et contre tous

Le compost, berk berk ? Que nenni ! Il suffit de quelques notions pour que ce geste utile devienne simple et ludique. Dix principes de base… Par Marie-Laure Auzanneau.

C’est quoi ?
Le compostage est un processus naturel qui illustre le cycle de vie : c’est une fermentation en milieu aéré qui permet de dégrader la matière organique, composée principalement de déchets « verts » (épluchures de fruits et légumes, déchets de jardinage…) et de déchets « bruns » (papier, carton, feuilles sèches…) pour les transformer en humus, grâce à l’action de vers, d’insectes, de micro-organismes et de champignons.

À quoi ça sert ?
Le compost fournit, en quelques mois et à peu de frais, un engrais riche et naturel. Il fertilise les plantations au jardin ou en pots dans nos cours, sur nos balcons et nos terrasses, particulièrement au printemps et à l’automne. Nos déchets végétaux, qui contiennent 80 % d’eau, sont peu et/ou mal triés et valorisés par le tri sélectif, en particulier en ville. Ils surchargent nos poubelles, ainsi que tout le processus de gestion des ordures ménagères, tout en induisant des coûts élevés d’investissement et de fonctionnement (incinérateurs, sites d’enfouissement, camions…) à la charge du contribuable (nous !).
Le compost permet aussi d’utiliser moins de produits chimiques pour entretenir les plantations publiques et privées, tout en développant des liens entre les citoyens (encore nous !), habitants d’une copropriété horizontale ou verticale, d‘un quartier, etc.

Même en appartement ?
Il existe deux grands types d’équipements:
• Le « fût » ou « silo », un contenant ou un ensemble de contenants, en contact avec le sol. Idéal pour les copropriétés qui disposent d’un jardin, même de surface réduite, avec une terre saine.
• Le « vermicomposteur » ou « lombricomposteur », un ensemble de bacs amovibles, souvent superposés, de formes variées et de petite ou moyenne contenance. Ce conteneur est essentiellement réservé à une utilisation intérieure (cuisine, cave, balcon ou terrasse, protégés du froid et de la pluie), car des vers « digesteurs » sont ajoutés dès le démarrage pour lancer ce mode de compostage hors-sol.

Pour moi aussi ?
Oui… à condition de bien trier ses déchets au préalable (pas de plastique ou de métal…), de bien choisir son composteur en fonction de ses besoins et d’en respecter le mode d’emploi.

Ça me sera utile ?
Cet engrais naturel vous servira au jardinage (en pots ou en parcelles) ou au partage et au troc (des graines ou des boutures contre du compost liquide ou solide, etc.), avec la préoccupation permanente de la qualité, donc de la traçabilité des produits tout au long du processus. Si les  déchets sont bio à l’entrée, le compost sera bio à la sortie…

Beaucoup de boulot pour rien ?
Non, quand on connaît le prix des engrais. Plus besoin de vous déplacer et vous nourrirez votre terre sans produits chimiques. Concrètement, un couple de parisiens qui produit environ 100 kg par an de déchets « verts », via sa consommation alimentaire, peut fournir environ 30 kg de compost solide !

Comment m’y mettre ?
Deux façons de s’y prendre : commencer, si possible, avec des amis expérimentés ou un professionnel jusqu’à la première récolte :
• Fabriquer soi-même son composteur pour faire une première expérience. Exemple : récupérer des bacs avec leur couvercle chez son poissonnier, les percer, sauf celui du dessous qui récupère le compost liquide, les superposer et enfin trouver les vers adaptés.
• Acheter avec discernement un composteur du commerce, en vérifiant bien que le dispositif inclut les vers, s’il s’agit de vermicompostage. Dans tous les modèles, ce sont les vers qui coûtent le plus cher !

Une corvée quotidienne ?
• Chaque jour : je trie mes déchets et je stocke – dans une boîte couverte d’un torchon ou d’un papier essuie-tout qui respire – les déchets « verts » que je coupe en petits morceaux (peaux de bananes, côtes de choux-fleurs…).
• Chaque semaine : je vide ma/mes boîte(s) dans le composteur, j’ajoute autant de déchets « bruns » (carton brun sans encre, découpé aussi en petits carrés), je mélange doucement pour préserver les vers et je recouvre le tout d’un tissu de coton ou de lin (tee-shirt, serpillière… ) usagé et très propre.

Berk ?
• Pas de mauvaises odeurs, ni d’habitants indésirables, si vous excluez les déchets de viande ou de fromage, ainsi que les sauces, les plats cuisinés et les éléments gras en général.
• Pas de risque d’invasion de l’appartement par les vers, car ils préfèrent l’humidité et l’obscurité de leur milieu : c’est vital pour eux ! Mais ne les secouez pas trop, car les vibrations les font fuir…

Pour aller plus loin…
Les vers mangent mes déchets, Mary Appelhof, aux éditions Vers la Terre (2008).
Compostons pour redonner sa fertilité à la terre, Jean-Paul Collaert, Éditions De Terran (2008).
Tout sur le compost, Lili Michaud, Éditions MultiMonde (2007).
Compost et paillage au jardin, recycler, fertiliser, Denis Pépin, Terre Vivante (2003).

Plus d´info : www.ademe.fr et www.comitejeanpain.be

Petit info : Marie-Laure Auzanneau a créé TransverCité, conseil et formation en recyclage des déchets végétaux urbains par le compostage : 01 45 26 27 02

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