Commerce de bile d’ours : stop au massacre !

Ingrédient utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise, la bile d’ours est devenue un commerce très fructueux en Asie. Au détriment des ours noirs, victimes d’atroces souffrances pour alimenter ce marché en Chine et au Vietnam.

La bile d’ours ? Elle est réputée, entre autres, pour soigner les inflammations, les calculs biliaires et rénaux. La croyance populaire lui prête aussi des vertus aphrodisiaques non prouvés scientifiquement. Ce produit très recherché en Chine et au Vietnam se vendrait environ 600 dollars le kilo. Selon un article du New Scientist paru en 2009, chaque animal peut en produire 5 kg par an.

Comme l’explique l’association One Voice, « aujourd’hui, la bile d’ours est de plus en plus utilisée pour fabriquer des produits qui ne sont pas traditionnels ni essentiels comme des shampoings, des boissons, des sirops pour la toux, des crèmes contre les hémorroïdes, du dentifrice, des lotions dermatologiques, des infusions… Ce qu’ils ne disent pas, c’est que derrière ces produits, dit « miracle », sans efficacité prouvée, des êtres sensibles sont torturés et meurent du fait de la barbarie et de la cruauté des hommes ».

Le massacre des ours noirs d’Asie
Cette forte demande a conduit des milliers d’ours noirs d’Asie, aussi appelés ours à collier, à être mutilés dans des fermes souvent insalubres. Or, cette espèce est classée en Annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces en danger (CITES) : son commerce est donc strictement interdit. « Attachés par un collier métallique, ces ours sont bloqués jour et nuit en position allongée dans des cages exiguës dans lesquelles ils ne peuvent même pas se retourner, apprend-t-on sur le site de la Fondation 30 millions d’amis. Les blessures à la tête, aux pattes et au dos, dues au frottement répété des animaux contre les barreaux des cages sont visibles sur la plupart d’entre eux. »

Entre 10 et 20ml de bile sont extraits de chaque ours, deux fois par jour. Leur flan est traversé par une sonde pour prélever leur bile sans anesthésie, entraînant d’atroces souffrances. Les animaux ne survivent pas longtemps et partent ensuite pour la boucherie. La viande d’ours est en effet un met très recherché et rapporterait encore plus d’argent que la bile.

La protection des ours s’organise
Cet enfer, Jill Robinson l’a découvert en 1993 lorsqu’elle visite l’une de ces fermes. Cette Anglaise en revient horrifiée et se promet de libérer tous les ours qu’elle a pu rencontrer. Pour cela, elle crée Animals Asia Foundation qui dispose rapidement d’un refuge de 10 hectares dans la province du Sichuan en Chine. Ce sanctuaire des ours maltraités accueille plus plusieurs centaines de spécimens, sauvés de l’horreur.

Cette association a aussi réussi à obtenir la fermeture de dizaines d’élevages, les plus insalubres. En 1995, Jill Robinson a reçu de la part du Reader’s Digest le « Prix du Héros d’aujourd’hui » et a été désignée Membre de l’Ordre de l’Empire britannique par la Reine Elisabeth en 1998 pour honorer ses services en faveur du bien-être animal en Asie.

De son coté, la Fondation 30 Millions d’Amis a interpellé dès 2001 les autorités chinoises pour faire interdire de tels élevages et pour inciter à l’utilisation de produits de substitutions. Dans l’attente d’une décision chinoise interdisant enfin ces pratiques d’un autre âge, la Fondation 30 Millions d’Amis privilégie les actions de terrain. Elle a ainsi apporté son soutien financier à Animals Asia Foundation.

Signez la pétition en ligne pour mettre un terme aux souffrances de ces milliers d’ours à collier en Chine.

Des alternatives naturelles existent
Selon les conclusions d’une étude menée par Earthcare et l’Association chinoise de médecine et de philosophie, financée par l’International Fund for Animal Welfare, il existe pas moins de 54 remèdes connus à base de plantes capables de remplacer la bile d’ours dans ses différentes applications : rhubarbe, racine de pivoine, variété de gardénia, pervenche de Madagascar, etc.

Sources et compléments d’infos sur www.one-voice.fr et www.30millionsdamis.fr
Découvrez le reportage au Vietnam de Courrier International

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