Comment venir à bout des moisissures dans nos intérieurs

Nous passons plus de 80% de notre temps dans des espaces clos. Mais saviez-vous que, selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, 40% des logements en France sont contaminés par les moisissures ? Une situation qui mobilise les pouvoirs publics, les experts et les médecins qui s’expriment dans le livre blanc « L’Air c’est la Vie…un enjeu sanitaire majeur » sorti en février dernier. Focus sur les moisissures, ces parasites qui nous empoisonnent la vie.

Les moisissures ou champignons filamenteux sont des micro-organismes (organismes vivants microscopiques) naturellement présents dans l’environnement extérieur, sur la matière organique morte et en décomposition ou dans le sol. Comment pénètrent-elles à l’intérieur ? Par le biais de spores, libérés lors de leur phase reproductive et transportés via l’aération des bâtiments ou par l’intermédiaire des occupants. A la différence des plantes vertes, elles ne peuvent pas synthétiser la matière organique à partir du CO2 atmosphérique. Elles doivent donc puiser dans le milieu ambiant l’eau, les substances nutritives et les éléments minéraux pour assurer leur survie et leur prolifération.

Vous l’aurez donc compris ! Il est très facile pour ces micro-organismes de s’installer chez vous : il suffit d’une spore qui entre et d’une source d’humidité. Ce dernier facteur peut se présenter sous différente forme : fuites provenant du toit ou de la tuyauterie, étanchéité du bâtiment empêchant l’évacuation de l’humidité accumulée, inondation, sources d’humidités tels que douches, appareils de cuisson…ou encore un taux d’humidité générale excessif.

Les conséquences ? D’abord l’altération des matériaux colonisés. Par exemple, le mérule, un champignon qui ne s’attaque qu’au bois, a pour effet de  le désagréger ce qui représente un risque d’effondrement du plancher ou des escaliers. Mais les dangers des moisissures ne pèsent pas que sur le bâti, elles sont également nocives pour la santé humaine. Comment ? Par l’inhalation des spores qui, selon Frédéric De Blay*, peuvent entraîner des  allergies et/ou provoquer des pathologies respiratoires en s’attaquant aux poumons et aux bronches. Des pathologies qui s’avèrent mortelles dans 50% des cas pour les personnes immunodéprimées (personnes sous chimiothérapie ou porteuses du SIDA).

Que faire pour se protéger ? Tout d’abord de la prévention avec des gestes simples afin d’éviter leur apparition et faire attention aux produits toxiques. En effet, comme le rappel Gérard Bapt, député de Haute-Garonne, dans le Livre Blanc, « la récente enquête de l’UFC-Que Choisir menée dans les immeubles fraîchement réhabilités de l’Assemblée nationale, a révélé la présence de milliers de substances chimiques potentiellement polluantes dans les sols, les meubles et jusque dans les désodorisants et les produits nettoyants, utilisés quotidiennement pour l’entretien ». S’il est trop tard, vous pouvez tenter de faire disparaître les traces de moisissure grâce aux astuces dans « Journal de Femme », mais pour régler le problème en profondeur, rendez-vous chez votre médecin. Ce dernier pourra vous orienter vers des spécialistes appelés Conseillers Médicaux en Environnement Intérieur (CMEI) qui viendront évaluer votre intérieur et vous conseiller afin d’éradiquer les parasites.

Livre : « 100 réflexes Air Pur, guide pratique anti-pollution », Isabelle Pacchioni, éditions Leduc.S, collection Santé, 2008, 4,90 euros.

*Professeur. Unité de Pneumologie, d’Allergologie et de Pathologie respiratoire. Hôpitaux Universitaires de Strasbourg – Institut du Rhin Supérieur, Université de Strasbourg.

Sources : Livre Blanc, Centre Canadien d’Hygiène et de Sécurité au Travail, Culture.gouv.fr, Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique.

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