Comment limiter la dispersion des résidus médicamenteux dans l’eau

La France est le 4ème consommateur mondial de médicaments après les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne. Autant de substances qui sont présentes dans les milieux aquatiques car une partie n’est pas totalement utilisée dans l’organisme. Le gouvernement a donc réagi afin de limiter au maximum les impacts sanitaires et environnementaux.

Les médicaments sont des molécules fabriquées pour être biologiquement très actives. Lors de la prise d’un médicament par une personne ou un animal, une partie n’est pas totalement utilisée ou bien dégradée dans l’organisme. Ce sont ces « résidus de médicaments » qui seront excrétés dans les selles et les urines, rejoignant ainsi les réseaux des eaux usées ou les milieux naturels.

Pour autant, il n’existe pas de valeurs de référence permettant d’estimer l’impact des médicaments présents dans les milieux aquatiques: pas de limite réglementaire pour les résidus de médicaments dans les eaux (eau potable, milieux aquatiques ou rejets) ou de réglementations demandant de les rechercher systématiquement. Certains produits sont retrouvés dans les eaux à des concentrations proches des seuils de toxicité pour les écosystèmes, mais les effets à long terme des mélanges sont difficiles à évaluer.

A titre d’exemple, on retrouve dans l’eau des hormones de synthèse ou d’autres composés qui agissent comme des hormones. De nombreuses observations, telle la « féminisation » des poissons, confirment le risque environnemental lié à ces substances (par exemple, la pilule contraceptive), même si les effets observés peuvent résulter de molécules à effets perturbateurs endocriniens qui ne sont pas des médicaments (pesticides, métaux, retardateurs de flamme…). Et à cause de cela, la faune aquatique connaît des diminutions de population importantes.

Le gouvernement a donc décidé d’évaluer le risque éventuel lié à la présence de ces molécules, tant pour l’homme que pour les  écosystèmes, et d’engager des actions. C’est l’objectif du premier Plan national sur les résidus de médicaments dans l’eau, élaboré par les ministères en charge de l’Écologie et de la Santé. Ces mesures ont été présentées le 30 mai par Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie et Sophie Delaporte, Directrice générale adjointe de la Santé.

Le plan évaluera les risques -notamment par la surveillance des rejets hospitaliers- des rejets de stations d’épuration et des effluents d’élevages afin d’identifier les principales sources de contamination. Aussi, il définira des mesures de gestion que l’on peut prendre à court terme, notamment en renforçant les filières de récupération et d’élimination des médicaments non utilisés à usage humain (dispositif Cyclamed) et vétérinaire.

Selon la ministre de l’Écologie, « Des phénomènes comme la résistance de certaines bactéries dans l’environnement, que nous constatons aujourd’hui, sont des signaux. Il est important d’agir dès maintenant. La réussite de ce plan d’action repose sur la prévention, en limitant les rejets médicamenteux, et sur la recherche, pour améliorer les connaissances afin de mieux cerner les impacts sanitaires et environnementaux. »

Un appel à projet sera lancé en 2012 sur quelques bassins versants pilotes de taille limitée pour tester, en grandeur nature, les actions de ce plan. Les conclusions de ces études pourront ensuite être appliquées à des territoires plus étendus.

En attendant, vous pouvez installer des filtres sur vos robinets qui permettent d’éliminer une partie de ces substances, ce que ne font pas les carafes filtrantes par exemple. Pour protéger les personnes les plus sensibles (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées, personnes malades), il est recommandé de consulter les analyses de l’eau de votre commune auprès de votre mairie, et le cas échéant de privilégier l’eau en bouteille.

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr

http://www.e-sante.fr


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