Comment se cultiver quand on n’a pas les moyens ?

La culture est de plus en plus chère. Elle devient même un luxe que les plus démunis ne peuvent pas s’offrir. Sans compter qu’elle n’est pas toujours accessible aux personnes atteintes d’un handicap.  Plusieurs institutions dans différents pays européens ont décidé de remédier à ce problème.  Objectif : la culture pour tous.

©zoetnet

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Petit tour d’horizon des différentes initiatives :

Pays-Bas

Plusieurs théâtres néerlandais viennent de lancer l’opération Voedselbank Cultuur, « banque de nourriture culturelle » en français : plutôt que de brader leur billets invendus, ils les distribuent aux bénéficiaires de la Voedeslbank. Sont offerts notamment des entrées pour le Concertgebouw, une grande salle de concerts de musique classique d’Amsterdam, mais aussi des places pour les théâtres de Rotterdam et de Leyde, une ville de l’ouest du pays. Alex van Warmerdam, le metteur en scène à l’origine de cette initiative, explique que c’est un moyen de « proposer des billets aux gens qui ne pourraient jamais s’en offrir un eux-mêmes. » Et le directeur de la Voedselbank pense que c’est un bon moyen de ne pas laisser les gens « dans un isolement culturel ».

Suède

©dalberaDepuis 2010, le pays multiplie les retransmissions en direct d’événements culturels dans des dizaines de salles de cinéma de province. Le Stockholms Konserthus, lagrande salle de spectacle de Stockholm, par exemple, retransmet fréquemment des opéras par satellite dans des salles de cinéma de tout le pays. Pour le directeur de la Maison du  peuple de Stockholm, l’organisateur de cette opération, la retransmission d’œuvres culturelles dans les cinémas est un nouveau mouvement de démocratisation.

France

En 2004, un groupe de travail « Elargissement des publics » dépendant du Ministère de la culture avait pour objectif d’aller à la rencontre des publics peu familiers des institutions culturelles. Chargé de réfléchir aux moyens de toucher un public ultra diversifié, le groupe a mis en place plusieurs mesures « facilitatrices » de culture comme par exemple des séances gratuites de découverte dans des grands musées (Louvre à Paris, Piscine de Roubaix), de sensibilisation et des adaptations tarifaires (tarifs moins de 25 ans, gratuité de certains musées le week-end).

©claude fabryAujourd’hui, la Croix Rouge, par exemple, forme certains de ses bénévoles aux collections des musées parisiens afin qu’ils accompagnent ensuite gratuitement des personnes démunies.

Les entreprises peuvent proposer à leurs salariés des chèques culture, livre ou disque afin qu’ils puissent accéder à un vaste réseau d’activités culturelles à moindre coût. Comme le sport d’hiver, la randonnée ou encore la plongée sous-marine.

Enfin, pour les personnes handicapées, le site internet de l’association Accès Culture recense tous les spectacles en France accessibles aux personnes sourdes, malentendantes, aveugles ou malvoyantes.

 

Cette chronique « Bonne Nouvelle » a été diffusée le mardi 19 février 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet. 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.