Comme chien et chat

© PHOTO : LARISA KURSINA/FOTOLIA.COMIl est notoirement considéré que chien et chat ne font pas bon ménage. Et pourtant, nombre d’espèces canines et félines cohabitent, partagent les jeux, les repas et les paniers. Joli exemple en cette Journée Mondiale des animaux ! La chronique de Marie-Christine Favé, vétérinaire, est à lire dans le Néoplanète n°36.

On nous explique souvent que c’est la domestication qui a facilité leur rencontre, mais dans la nature, des liens se tissent entre des espèces concurrentes, voire rivales. Prenons un exemple domestique : Pampan, le lapin de Sophie, dort dans un panier avec Corail, la chienne beagle. Pourtant, les beagles ont été sélectionnés par l’homme pour la chasse. Poursuivre les lapins, ils connaissent ! Corail a d’ailleurs déjà pisté ceux de garenne car son ancien maître, le grand-père de la maisonnée, était chasseur. Elle sait que Pampan reste un lapin. Pourtant, elle a compris qu’il doit être respecté, et même protégé. Pourquoi ? Peut-être considère-t-elle qu’il fait partie de sa meute.

Lorsqu’il arrive dans un nouveau lieu, l’animal observe les codes de vie de ses habitants. En général, il les adopte et s’insère dans le groupe ; parfois, il les rejette ou ne les comprend pas, et la cohabitation s’avère difficile ou bien très mouvementée. C’est alors que des comportements dysfonctionnels apparaissent et, quelquefois, des maladies se déclarent.

Epagneul roux assis dans l'herbe face à un chaton crédit photo PhovoirLes exemples d’amitié surprenante sont légion : après un tsunami qui avait sévi dans l’océan Indien, un petit hippopotame orphelin a été adopté par une tortue géante. Tous deux sont devenus inséparables. Ou ce grand dauphin (Tursiops truncatus) des Açores admis par un groupe de cachalots (Physeter macrocephalus). Victime d’une malformation au dos, le cétacé s’était probablement associé à eux car ils nagent lentement. Les éthologues pensent qu’il ne pouvait pas se déplacer assez vite pour suivre sa communauté. Mais de leur côté, pourquoi les cachalots, qui sont de grands timides, ont-ils accepté cet intrus ? Sans doute parce que l’animal se montre affectueux, échange caresses et frottements avec eux. Les biologistes ont observé que non seulement ils apprécient les gestes du dauphin, mais qu’ils lui retournent ses signes d’affection.

Que penser de ces amitiés animales ? Qu’il faut se garder des a priori. Lorsque les animaux trouvent un avantage à vivre ensemble, ils cohabitent au-delà des codes naturels d’espèces. Ils sont capables de changer littéralement leurs comportements instinctifs. À nous de les « imiter » et d’aller à la rencontre de l’autre, animal ou humain, sans préjugés.

 

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Marie-Christine Favé

Vétérinaire, Marie-Christine Favé accompagne depuis plus de 15 années les éleveurs et particuliers à construire l’équilibre comportemental et la santé de leurs Animaux de ferme et de compagnie, et clarifier la relation entre l’homme et les animaux.