Climat : Paris brûlera-t-il ?

La fin du siècle sera chaude à Paris, bien plus qu’aujourd’hui : + 2 à 4 degrés sur l’année et + 3,5° à 5° en été, selon l’étude pluridisciplinaire Epicea menée par Météo France et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) à partir des données de la canicule de 2003.

Même si on se doutait qu’on allait vers des étés de plus en plus chauds et des hivers de plus en plus doux, l’étude Epicea (1) explique clairement ce qui va se passer d’ici à 2100 dans l’agglomération parisienne et sans doute bien avant car les scénarios retenus sont déjà dépassés. L’intérêt de cette étude pluridisciplinaire n’est pas dans les chiffres mais dans les solutions préconisées pour s’adapter à cette nouvelle donne, désormais considérée comme inévitable. Les experts (2) ont donc étudié quelle serait la vulnérabilité d’une agglomération de 10 millions d’habitants face à ce réchauffement et quelles étaient les réponses possibles.

Première surprise : tous les quartiers parisiens ne seront pas égaux entre eux face aux canicules attendues. Le thermomètre grimpera de 4 à 7° dans le centre de la capitale, en particulier dans les 2ème, 3ème, 8ème, 9ème et 10ème arrondissements. Sur tout Paris intra-muros, il faut s’attendre à des hausses de 2 à 4° et un peu moins en petite et grande couronnes avec des épisodes de canicules plus fréquents qui entraîneront de gros besoins en climatisation donc de plus forte consommation d’électricité estivale. En revanche, il fera moins froid l’hiver, avec des besoins en chauffage réduits de 30%.

Que faire ?  Trois stratégies sont proposées pour réduire l’impact des fortes chaleurs : travailler sur l’enveloppe des bâtiments (ce qui ferait gagner un degré mais coûtera très cher), verdir la ville mais cela suppose des arrosages fréquents (gain de 1 à 3°) et enfin asperger régulièrement les rues, sachant que dans les deux derniers cas les besoins en eau seraient considérables alors même que la Seine serait en étiage.

 

(1)http://www.cnrm-game-meteo.fr/spip.php?article271

(2)Urbanistes, architectes, climatologues, hydrologues, ingénieurs du bâtiment, économistes et sociologues.

 

 

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.