Climat : accord a minima à Doha

Une fois de plus, la communauté internationale n’a pas réussi à se mettre d’accord pour engager une véritable lutte contre le changement climatique. Les efforts indispensables pour réduire les émissions planétaires de gaz à effet de serre attendront les prochaines catastrophes.

somme doha climatKyoto II va succéder à Kyoto I. C’est tout ce que la conférence mondiale sur le changement climatique de Doha a réussi à mettre au monde, au terme de négociations à l’arraché qui engagent un petit nombre de pays dont l’Union européenne. Au terme de cet accord à la portée est symbolique, il a donc été décidé que le protocole de Kyoto (1997) – qui s’achevait ce 31 décembre – est prolongé,  une seconde période d’engagement s’ouvrant jusqu’à fin 2020.

L’objectif initial des pourparlers de Doha était d’ouvrir la voie à un accord « global et ambitieux », signé en 2015 et aurait engagé TOUS les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020.  Mais l’accord de Doha ne concerne qu’un nombre limité de pays industrialisés dont l’Europe et l’Australie, soit à peine 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique dont tous les experts nous disent qu’il faut s’attendre au pire dans les décennies à venir.

Des pays comme les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Russie, et bien sûr la Chine, l’Inde, le Brésil ne s’engagent donc pas pour cette nouvelle période, qui fera l’objet de nouvelles discussions en 2015, sans doute à Paris. Les poids lourds climatiques de la planète s’en lavent les mains, comme à Copenhague en 2009, comme à Cancun en 2010, comme à Durban en 2011… Pour le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, la communauté internationale doit faire « bien plus ». Quand ?

L’autre volet de la négociation concernait l’aide financière aux pays du Sud pour faire face aux conséquences du changement climatique. Là, l’échec est total. Les pays du Sud attendaient des pays développés qu’ils s’engagent à verser 60 milliards de dollars d’ici 2015, pour assurer une transition entre l’aide d’urgence de 30 milliards de dollars pour 2010-2012, et la promesse des 100 milliards de dollars d’ici 2020. Les discussions se sont éternisées sur la question des quotas de CO2 hérités du protocole de Kyoto, sans parvenir à un quelconque accord. « Des mots et pas d’action », a déploré le représentant de l’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), les îles du Pacifique menacées par la montée des eaux.

Plusieurs études internationales ont sonné l’alarme ces dernières semaines, mettant l’accent sur les risques de graves dérapages du climat et insistant sur les efforts à faire par tous les pays. Une hausse de 3°C à 5°C de la température globale de la planète avant la fin du siècle est désormais plausible et non de 2°C, seuil à ne pas dépasser sous peine de multiplication d’évènements climatiques extrêmes.

 

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.