Citoyens des « plages poubelles » : recyclez-vous !

Marina et Marianne sont deux artistes désireuses de donner une seconde vie aux déchets des plages. En quatre ans, elles ont créé une République des océans et des mers qui compte aujourd’hui une quarantaine de citoyens.

Il était une fois des citoyens très colorés, faits de bouchons et de bouteilles en plastique, de gants d’entretien ou encore de bombes aérosols. Ces petits êtres, qui mesurent entre 12 centimètres et un mètre de haut, ont tous été conçus conjointement par Marianne et Marina.

En 2007, les deux artistes sont parties ensemble ramasser des déchets sur la plage, sans trop savoir ce qu’ils deviendront. A quatre mains, elles donneront naissance à leur premier personnage : Mamoulex 1er, qu’elles imaginent maître étalon. Très vite, d’autres bonhommes arrivent et se regrouperont par familles, jusqu’à composer une République des océans et des mers d’une quarantaine de citoyens.


Munis de leur carte d’identité, sorte de certificat d’authenticité, ils peuvent passer les frontières comme bon leur semble ; à l’inverse de leurs créatrices. En effet, Marianne nous confie : « Nous sommes allées en Europe, en Afrique et en Asie aussi, au Japon. Mais il est toujours assez difficile de passer les frontières avec des sacs de déchets puisque c’est interdit ».

En visitant ces trois continents, leur travail créatif a tout d’un coup pris un sens sociologique. « Selon l’endroit où nous étions, nous ne ramassions pas les mêmes choses, explique Marianne. En Afrique, on a trouvé des tongs recousues par exemple, qu’on ne trouverait pas en France. Et au Japon, tout ce qu’on a ramassé était tout petit. Ca donne des particularités à nos personnages, qui sont tous métisses puisque leurs composants ne viennent pas toujours de la plage où on les a trouvés, puisqu’ils arrivent de la mer ».

Le Japon, Marina et Marianne y sont allées un mois avant la catastrophe de Fukushima. Dans l’atelier, lorsqu’elles apprennent la nouvelle, elles décident de créer un citoyen qui saurait nettoyer la zone, un peu à la Wall-e. Il s’appellera Yuri Akari, comme le premier pompier arrivé sur les lieux.

Désormais, « l’idée est de continuer », dit Marianne, avec pourquoi pas, une prochaine étape aux Etats-Unis. Cap sur l’Atlantique moussaillon !

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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.