Faut-il vendre la peau de l’ours…blanc ?

©xavierbouchevreau-flickr.comLa CITES – convention des Nations unies régissant le commerce international des espèces menacées – doit se prononcer dans les jours qui viennent sur une proposition américano-russe d’interdiction totale du commerce des produits de l’ours blanc. Chose rare, les écologistes sont divisés, certains considérant que la première menace est celle du réchauffement qui provoque la fonte de la banquise arctique, d’autres réclamant l’interdiction totale de la chasse.

Etat des lieux : Il existe 20.000 à 25.000 ours blancs dans le monde voire 30.000, selon les sources. Ils sont répartis dans cinq pays (Etats-Unis, Canada, Russie, Groenland/Danemark et Norvège) mais les deux-tiers vivant au Canada, où ils sont chassés légalement par les populations inuit : 800 seraient tués tous les ans dont 400 à 600 (441 en 2011 au Canada) commercialisés (20.000€ voire plus, une peau d’ours adulte). Un nouveau « recensement » des populations d’ours blancs est prévu en 2014.

– La CITES, dite Convention de Washington (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) se réunit du 3 au 14 mars à Bangkok. Elle doit examiner – entre autres (*) – une proposition conjointe Etats-Unis/Russie d’interdiction totale du commerce des produits de l’ours blanc, à savoir une inscription à l’Annexe I de cette convention qui ne porte que sur les espèces les plus menacées. Jusqu’à maintenant, l’ours blanc est inscrit à l’Annexe II de la CITES – la liste des espèces dont le commerce international peut être autorisé mais « étroitement contrôlé ».

– Les positions : d’un côté, des associations écologistes ou de protection animale (Fondation Brigitte Bardot,  Fonds international pour la protection des animaux-IFAW, Amis de la Terre, LPO, ASPAS…), de l’autre des ONG internationales comme le WWF et Greenpeace, mais aussi le ministère français de l’Ecologie et une dizaine de pays de l’UE.©knowtex-flickr.com

– Les premiers considèrent que la chasse doit être totalement interdite, dénonçant « un engouement croissant pour les fourrures d’ours polaires ». Ils craignent le développement d’un véritable tourisme cynégétique, en particulier dans le territoire du Nunavut (nord-ouest du Canada, dans la baie d’Hudson) et évoquent une « régression dramatique » des populations.  L’IFAW (**) évoque aussi le braconnage et un trafic illégal en Russie pour la clientèle asiatique. La Coalition pour les ours polaires estime que l’interdiction totale de la chasse « ne freinera pas la fonte de la banquise arctique mais qu’elle contribuera à la protection de l’espèce ».

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.