Citadins, osez la poule à domicile !

Cessez de glousser devant vos écrans, la tendance est bien en marche : les poules débarquent en ville ! Au fond d’une cour d’immeuble ou dans un petit jardin, la volaille aux œufs d’or s’urbanise, pour le plaisir des grands et des petits.

Cette nouvelle mode animalière nous vient tout droit des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Elle consiste à élever une ou plusieurs poules en ville, tel un animal domestique qui vit une dizaine d’années. Attention, c’est quand même un peu moins facile à dresser qu’un chien !

Si la poule arrive si bien a conquérir le cœur et les jardins des citadins, c’est parce qu’elle recèle de nombreux avantages écologiques mais aussi économiques. En effet, plus besoin d’acheter ses œufs au marché ou en grande surface puisqu’une poule peut pondre jusqu’à un œuf par jour. « Les gens veulent un retour à la campagne avec des œufs frais dont ils connaissent la provenance, explique Jean-Claude Périquet, président de la Fédération Française de Volailles. Et puis les enfants aiment bien aller récolter les œufs dans le poulailler. »

S’occuper d’une poule est une activité familiale qui ne demande pas tant d’entretien que cela. « Il suffit de nettoyer le poulailler de temps à autre », confie Jean-Claude Périquet. Et pour ce qui est de leur nourriture ? Pas besoin de ne leur donner que des graines de blé, puisque la poule mangera tous vos déchets de table. Elle est omnivore et se régalera d’épluchures de légumes ou de pain rassis. Pour Daniel Fret, directeur du magasin Animalis de Lognes, la poule « fait le grand nettoyage. Nous ne sommes qu’au début d’une nouvelle tendance très intéressante, ne serait-ce qu’au niveau du recyclage ». « Certaines municipalités financent même les poules », nous confie-t-il. Une vraie économie d’énergie et de moyens financiers puisqu’elle nous débarrasse d’environ 150 kg de déchets organiques ménagers par an.

En ce qui concerne l’encadrement, la réglementation est simple : il ne faut pas que l’élevage cause de nuisance au voisinage. Voilà pourquoi les coqs restent souvent à l’écart. Inutile de réveiller tout le pâté de maison au levé du jour !

Côté porte-monnaie, la poule ne vous ruinera pas. A l’achat, un poussin traditionnel coute 2€ pour une poule pondeuse femelle ; un prix bien dérisoire comparé à la boîte de 6 œufs bio à partir de 2€. Si vous la souhaitez « prêt-à-pondre », comptez 15€ pour la poule traditionnelle, et jusqu’à 60€ la poule de race. Pour les accessoires, préparez-vous à voir des habitats de toute taille (jusqu’à 22m² chez Animalis) et bientôt de toute forme. Pour se sentir à l’aise, la poule a besoin de son poulailler, avec perchoir, mais aussi d’un parc à vivre où elle pourra gambader, avec ou sans grillage. L’hiver, elle aura besoin d’un endroit chauffé. « Si l’on prend soin d’elle comme d’un animal domestique, la vie en ville sera toujours moins pire que l’élevage en batterie », nous avoue Brigitte Gothiere de l’association L214. Décidément, la folie des poules n’est pas prête de battre de l’aile !

Photos:
Flickr – hardworkinghippy
Flickr – Philip Ferrato
Flickr – Jean-Paul Remy

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.