Chronique : Les Sangliers sans lisier s’enlisent…

C’était le feuilleton de l’été : les algues vertes en Bretagne ont défrayé les média et effrayé le touriste… On soupçonne l’élevage  et ses nitrates…Cochon qui s’en dédit, les sangliers s’en sont mêlés…

Rappel des faits : trente-six sangliers et un ragondin ont été trouvés morts fin juillet dans le lit du Gouessant (Côtes d’Armor) et la présence du H2S, un gaz mortel, a été découverte chez six des sept sangliers précédemment analysés, confortant chez des écologistes et des scientifiques l’hypothèse d’un empoisonnement dû aux algues.

Retour sur un phénomène où, pour une fois, le vert n’est pas le bienvenu…

C’est ballot…

Alors que dans les quelque 8 000 élevages et autres abris côtiers de Bretagne, dix millions de porcs domestiques prospèrent sans le moindre problème, les média – toujours eux – concentrent leur attention sur quelques uns de leurs frères sauvages qui campent sur la plage, et font des overdoses de sulfure d’hydrogène, suivies d’un malaise vaso-vagalgue…

La vase, c’est pas idéal pour celles qui portent des marcassins…

Même Greenpeace s’y met, arguant qu’effectivement, un sanglier échoué sur la plage, cétacé laie… Les militants mobydickalizés se mobilisent, et comme disent les chasseurs, la défense du sanglier, ça rend les gens bons…

Bon, trêve de jeux de mots vaseux, l’heure est grave…

Il s’agit ni plus ni moins non pas d’un problème de santé publique, mais plus encore d’éco-économie.

Car là (…) où le tracteur passe, le sanglier trépasse…

J’explique…

La Bretagne, terre d’élevage et de culture, pater éloigné des chouans mais terre d’échouage… Est-ce vraiment incompatible ?

La contribution économique de l’élevage en Bretagne est sans appel. Avec le tourisme, le ramassage des coques, bigorneaux et autres bigouden, les batteries d’élevage, c’est essentiel à une balance commerciale saine et équilibrée… Ne dit-on pas un porc est sport ?

Encore plus bizarre, ça rapporte un maximum de Dinard…

Tout en Bretagne était prédestiné à cette adoration du Cochon : La Pointe du Groin, le voisin Saint-Michel terrassant la Bête, Pornichet… Sans oublier le Cochon à la Breizh : puisque l’on parle Breton, comment ne pas y voir une prémonition quand dans leur infinie sagesse, les anciens l’ont baptisé Pêmoc’h ?

Pourtant, dans le Cochon, tout est bon, même les alluvions… Pas besoin de phosphorer longtemps pour le savoir, le grand-père de Poutine dont j’ai déjà parlé l’aurait très bien expliqué : C-O-C-H-O-N, c’est deux atomes de Carbone, deux d’Oxygène, un d’Hydrogène, un d’Azote… Que du bon, avec une masse molaire fort sympathique…

Alors, pourquoi tant d’ADN ? C’est l’animal le plus proche de l’homme sur le plan biologique, voire sur le plan comportemental… « Quel laid Porc Epic ! », se serait même écriée Yolaine, c’est dire…

En parlant de vague verte et de militants mobilisés, reprenons l’idée d’Eva Joly et préparons notre vrai 14 Juillet Citoyen : un défi-laies sur les Champs Elysées, au son de « Tiens, t’auras plus d’boudin… ».

Ce serait tout de même plus classe qu’un défilé jugulaire sérieux de trou-fions  – homophonie regrettable, selon notre Premier Ministre qui s’y reconnait en la matière… Le premier Paris Drakkar de l’histoire…

Et histoire de se mettre à l’hure d’été, pourquoi ne pas lancer l’idée d’un Ecofolies, une sorte de Francofolies à la Rochelaise, mais carrément vert, avec Ker Mit La Raie Nette aux manettes, Jim Kerr en vedette, certes plus Celte que svelte, et un ad hoc Belly Fat Child ?

Question réponse au problème des algues vertes, tant qu’à faire d’être en rade, faisons le à Brest, deuxième port militaire de France, ça ne s’invente pas…

Ecofolies,  mélange de classique – Beethoven sur la plage, ça devrait plaire à un Richard Clayderman libéré, qui pourrait nous réadapter discreto ma troppo une « Lettre au Lisier », Bagatelle en Sol miné…

Suivi du traditionnel religieux  – l’Abbé de Douarnenez et son envoûtant Terrine était Chrétienne – puis du moderne, un néo méga métaheat des Pig Floyd,  suivi d’un duo Stivell Nolwenn sur un thème très actuel… « Devant cette pourritude… je capitule… par lassitude… pas l’habitude… plus de latitude… j’ai le blues green du ti’tube… ».

J’en ai fortruiement parlé à notre ami Francis Cabrel… Emballé, c’est pesé… Il m’a dès le lendemain envoyé son Ode à l’Algue Verte

Terminons en musique, c’est beau, le talent…

Algues sur les galets…

Et quoique que l’on fasse
Les algues sont  partout où l’on regarde
Dans les moindres recoins de l’espace
Dans la moindre rave où tu t’attardes
L’azote comme s’il en pleuvait
Algues sur les galets…

Le monde a tellement de regrets
Tellement de choses qu’on promet
Une seule pour laquelle je suis fait
Je ramassais, je ramasse et je ramasserai

Algues sur les galets…


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