Série jardins & nature : Chez Monet à Giverny, le jardin le plus visité de France

©YvesLeersC’est un jardin tellement unique qu’une ville japonaise en a créé une réplique, à Kitagawa ! Entre Paris et Rouen, au pied des collines de Giverny, le jardin et la maison où Claude Monet vécut 43 ans, sont devenus un phénomène touristique quasi universel.

 

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On ne sait pas toujours ce qui attire tous les ans des centaines de milliers de visiteurs (1) du monde entier dans ce village de 500 âmes des bords de Seine, en Normandie mais aux confins de l’Ile-de-France. La magie du maître de l’impressionnisme joue toujours sur fond de marketing bien rodé. On vient pour découvrir ou redécouvrir un espace végétal créé par le peintre comme un décor sur mesure, un modèle vivant qui change au gré des saisons. Et même les plus réfractaires à la binette viennent se pâmer devant les iris printaniers, les roses estivales ou se faire tirer le portrait sur le pont japonais sous les glycines avant de s’extasier devant les nymphéas du célèbre étang.

Le peintre aurait sans doute été effaré par le déferlement de ces hordes de touristes qui se bousculent le long des allées du jardin et ne s’arrêtent que pour fixer leur image devant un pavot épanoui. Depuis 2011, James Priest, le so-british chef-jardinier, imprime sa marque sur le jardin, toujours à la recherche de davantage d’authenticité. Son idée : respecter au mieux « l’esprit de Monet » pour tenter de retrouver le jardin tel qu’il était il y a un siècle, grâce au retour de nombreuses plantes vivaces qui créent un équilibre avec les annuelles et instaurent « une forme de pérennité au jardin tout en le structurant ». Pas simple car les documents précis d’époque sont bien rares. Mais déjà, dans ces allées fleuries foisonnantes, on sent plus de légèreté sans nuire au jeu des couleurs tel que le peintre l’avait voulu. « Ici, explique James Priest, il faut d’abord sentir, ressentir et comprendre » pour se laisser guider par l’œil de Monet qui disait peindre « devant la nature ».

« Ce n’est qu’un œil mais, Bon Dieu, quel œil ! », Cézanne.

Cet œil, on le retrouve dans la maison où les restaurations se poursuivent avec bonheur d’année en année, « dans le souci du respect de la vérité historique », comme le dit le directeur de la Fondation Monet, Hugues Gall. Cette année, la chambre-musée du maître a retrouvé l’atmosphère des années 1900. Sur les murs, aucun Monet mais les toiles (de remarquables reproductions signées de l’atelier Troubetzkoy) de ses « compagnonnages », Cézanne, Renoir, Signac, Manet, Boudin … Quant aux fameuses estampes japonaises – sa collection en comptait 230 – beaucoup sont exposées mais il s’agit de fac-similés (2). Le salon-atelier a eu droit aussi à son coup de fraîcheur avec la même recherche d’authenticité.

L’automne est idéal pour visiter paisiblement Giverny, le jardin étant ouvert tous les jours tout comme le musée des Impressionnismes, dont le jardin de couleurs est aussi une splendeur. Prenez donc le train jusqu’à Vernon puis la navette.

www.fondation-monet.com

www.mdig.fr

 

(1) – le jardin de Monet a reçu 570.000 visiteurs en 2012 et 611.000 en 2011.

(2) une partie des estampes originales de la collection est exposée jusqu’au 31 octobre au musée des Impressionnismes – toujours à Giverny – en complément d’une très belle expo du peintre contemporain japonais Hiramatsu, qui présente une réinterprétation étonnante du bassin aux nymphéas en hommage à Monet.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.