Chausser les citadins et repeupler les forêts

AH13-WISTERIA-72DPI-CMJN-LOGOUne chaussure achetée, un arbre planté, c’est le concept développé par Faguo. La marque française de baskets créée en 2009 par Frédéric Mugnier et Nicolas Rohr, se veut « dynamique et responsable ». Leur volonté : s’enrichir tout en restant vert.

 

AH13-FIR-300DPI-CMJN-LOGOEn 2000, l’idée de monter un business responsable mais rentable germe dans la tête des deux créateurs, alors étudiants en école de commerce (à l’Istec, formation post-bac parisienne). C’est lors d’un voyage d’études en Chine, qu’ils décident de développer leur projet. Avec un capital de 50 000 euros, Faguo fabrique 5 000 paires de tennis en toile. Grâce aux réseaux sociaux et à internet, elles se vendent rapidement. L’entreprise, dont le nom signifie « France » en chinois, est lancée. Depuis, la société ne cesse de s’étendre. Leurs chaussures sont aujourd’hui distribuées dans 250 points de vente en France (Colette, Kiliwatch, les Galeries Layayette…) et dans une centaine à l’étranger. Cette année, l’entreprise enregistre une croissance de 60% avec un chiffre d’affaire de 1,8 millions d’euros.

Du signe distinctif au symbole

AH13-WISTERIA-ALDER-150DPI-CMJN-LOGOUn bouton en noix de coco, cousu sur chacune des chaussures, témoigne de l’engagement éthique de la marque. Depuis sa création, Faguo a planté près de 240 000 arbres dans 60 forêts. L’objectif écologique principal de l’entreprise est la diminution de l’emprunte carbone ou sa compensation par la plantation de nouveaux végétaux. Pour se faire, Faguo devient une des premières PME à dresser son bilan carbone prévisionnel. Et pour réduire la note, les chaussures sont acheminées par bateau depuis la Chine et non par avion. Les deux entrepreneurs affirment enregistrer une baisse de 20% de leurs émissions C02 depuis la création de la société. Volonté écologique oblige, les créateurs redoublent d’imagination pour réduire leur emprunte carbone. Le « surpackaging » est évité et les boites à sneakers, en carton recyclé, deviennent des solutions de rangements optimales ou des nicheurs à oiseaux, c’est selon. Autre initiative, largement copiée par la suite, une chasse au trésor digitale, organisée en juin dernier sur le Canal St Martin à Paris. Un participant sur quatre a pu repartir avec un lot de cadeaux (paires de chaussures ou accessoires).

Ni coton bio ni teintures naturelles

double portrait FredNico noir&blancMais la fabrication des chaussures en Chine peut faire grincer des dents. En effet, Frédéric Mugnier précise: « nous ne sommes pas parfaits et nous le crions haut et fort. Nous voulons être éthiques mais nous ne sommes pas des acharnés de l’écologie. Nos projets futurs tendent à être toujours plus responsables, mais on ne peut pas tout faire en même temps ». Les cotons utilisés pour les souliers et accessoires de la marque ne sont pas bios et les teintures ne sont pas toutes naturelles non plus. Pour des raisons financières évidentes, mais aussi pour des raisons pratiques, Faguo produit dans le Wuhan, une région au centre de la Chine. Les usines y sont hautement surveillées par des auditeurs européens qui garantissent le respect du droit du travail. « De toute façon, en Chine, le coton bio n’existe pas réellement. On pourrait avoir un label vert, puisqu’il s’achète simplement, mais ce ne serait pas en accord avec nos convictions », explique Frédéric Mugnier. Cet hiver, la marque s’associe à Agnes b. pour une collection de chaussures pour hommes composés cette fois, de matériaux naturels, mais leur origine pourraient déplaire : fourrure de mouton ou cuir.

  • Un chiffre d’affaire annuel de 1,8 millions d’euros
  • 240 000 arbres plantés, dans 60 forêts différentes
  • 250 points de vente
  • Plus de 50 fournisseurs
  • 16 salariés en CDI
  • Une réduction de 20% des émissions de CO2 depuis sa création
  • Entre 50 euros et 110 euros la paire de baskets

Cet article a été diffusé dans Le Parisien Economie du 9 septembre 2013. Retrouvez Néoplanète toutes les semaines dans le supplément économie du journal.

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Barbara Krief

Journaliste pour Le Plus de L'Obs, Barbara Krief continue d'écumer les festivals engagés pour Néoplanète. Retrouvez-la sur Twitter @KriefB.