Chasse aux phoques : hausse des quotas au Groenland

Vendredi dernier, Gail Shea, ministre canadienne des Pêches et des Océans, a fixé à 400 000 têtes le quota autorisé de captures de phoques au Groenland. Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et plusieurs associations de défense des animaux ont vivement critiqué cette décision, qui, selon eux, vise à courtiser les électeurs à l’approche d’une élection fédérale imminente.

70 000 phoques tués en plus par rapport à 2010, c’est ce que prévoient les quotas fixés par Gail Shea. « Encore une fois, la ministre semble complètement déconnectée de la réalité dans le dossier de la chasse commerciale aux phoques, explique Sheryl Fink, la directrice du programme de protection des phoques d’IFAW. Cette augmentation des quotas n’est pas justifiée par les données scientifiques, ni par la demande des marchés. En plus, la majorité des Canadiens s’y oppose. »

L’association dénonce une augmentation des quotas irresponsable et surtout court-termiste, avec une demande mondiale qui reste faible et des bébés phoques menacés par des conditions de glace particulièrement mauvaises. « Il me paraît évident que cette espèce est sérieusement affectée par les changements climatiques, poursuit Sheryl Fink. Les conditions de glace des deux dernières années sont les pires jamais enregistrées selon les données d’Environnement Canada. Le ministère des Pêches a même émis un avis, la semaine dernière, pour avertir le public qu’on pouvait s’attendre à une augmentation des mortalités et du nombre de phoques échoués. »

Pour l’IFAW, le gouvernement soutient artificiellement la chasse aux phoques, ce qui nuit à la réputation du Canada et gaspille l’argent des contribuables. L’année dernière, une étude a même montré que le Canada économiserait 7 millions de dollars par an si elle mettait fin à cette chasse !

Sheryl Fink n’est pas la seule à déplorer cette situation. A la Human Society International au Canada, la directrice Rebecca Aldworth estime que le quota fixé pour cette année est le plus élevé depuis l’imposition, en 1971. Elle dénonce également des intentions politiques régionales du premier ministre, Stephen Harper, à la veille d’élections fédérales.

Pour l’association Fourrure Torture, « la chasse aux phoques commerciale du Canada est le plus important et cruel massacre de mammifères marins sur terre. » Olivier Rafin, le directeur, déplore que « le gouvernement canadien marque une nouvelle fois sa volonté déraisonnée de poursuivre le massacre. »

De son côté Frank Pinhorn, directeur de l’Association canadienne des chasseurs de phoques, a indiqué que les recommandations des scientifiques avaient été respectées, les chiffres suggérés oscillant entre 300 000 et 500 000. L’association s’attend même à une amélioration des marchés, avec des ventes de 120 000 peaux (soit plus du double par rapport à l’an dernier). Depuis 2010, les importations de fourrures issues de la chasse commerciale des phoques sont interdites dans l’Union européenne, qui rejoint ainsi les Etats-Unis, le Mexique et la Croatie.

Les nombreux opposants à la chasse aux phoques se sont réunit dimanche dernier pour une marche unitaire à Montréal dénonçant la barbarie de la chasse aux phoques. Une pétition demandant l’abolition de la chasse aux phoques au Canada été lancée par Fourrure Torture sur www.chasse-aux-phoques.com

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