Chasse à la baleine : des images accablantes

Sea Shepherd Tim Watters 1L’organisation internationale Sea Shepherd, pour la protection des espèces marines, vient de diffuser des images constatant le harponnage de quatre cétacés dans le « sanctuaire » de l’Océan Austral par des baleiniers japonais.

Sea Shepherd a annoncé avoir lancé ses trois navires à la poursuite de bâtiments nippons, dont le navire-usine Nisshin Maru, repéré dans les eaux territoriales Néo-Zélandaises puis dans le sanctuaire baleinier de l’Océan Austral. L’objectif est d’entraîner la flotte des braconniers japonais loin des terrains de chasse prévus, les obligeant à interrompre cette pêche illégale. Par la même occasion, l’organisation a diffusé des photos et une vidéo permettant d’identifier trois cadavres de baleines de Minke –faisant partie des espèces protégées- sur le pont du Nisshin Maru. Plus loin sur le navire, des traînées de sang laissent imaginer le dépeçage d’un quatrième cétacé.

Sea Shepherd Tim Watters 2Pour Jeff Hansen, directeur général de Sea Shepherd Australie : « Le Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral a été souillé par le massacre illégal de ces magnifiques et majestueuses baleines de Minke, par les actes violents, barbares et sans pitié des braconniers japonais. […] Une chose est sûre, Sea Shepherd va faire tout ce qu’il faut pour s’assurer que plus aucune autre baleine n’ait à supporter de souffrance des mains de ces bouchers japonais. »

Des heurts violents ont déjà éclaté dans le passé, entre l’organisation et les navires japonais ; chacun accusant l’autre d’adopter un comportement dangereux.

Officiellement, la flotte nippone dans l’Antarctique est destinée à la « recherche scientifique », une dérogation qui lui a été accordée puisque la chasse commerciale au cétacé est interdite depuis 1986 par la Commission baleinière internationale.

Selon l’agence de presse Kyodo, la campagne nippone de chasse à la baleine, entamée début décembre dans l’Antarctique, aurait pour objectif de ramener 935 baleines de Minke et 50 rorquals communs d’ici le mois de mars.

Sea Shepherd Tim Watters 3La viande de baleine ne trouve pas preneur

De leur côté, les autorités japonaises affirment que cette pêche fait partie intégrante de la culture japonaise. Il est vrai que sa chair a été présente dans la gastronomie japonaise durant des années et que certains étaient habitués à en manger depuis l’enfance. Dans le reportage Whales, Men and the Sea (disponible en japonais sous-titré anglais ici), tourné lors de la dernière pêche commerciale, les baleiniers défendaient une pêche responsable, respectant le renouvellement des stocks.

Aujourd’hui, si sa chasse à des fins commerciales est interdite, la chair de baleine se retrouve bel et bien sur les étals des marchés japonais. Néanmoins, faute de consommation nationale suffisante, les stocks de viande de ce cétacé ne trouvent pas preneurs au Japon, selon l’Institut nippon de recherche de cétacés, une structure semi-publique. En effet, au delà de l’interdiction de chasse établie par la Commission baleinière internationale, son image a été davantage ternie par la révélation d’usage de fonds destinés à la reconstruction après le tsunami pour financer la campagne de pêche. L’agence des pêches aurait alors justifié cette action par la reconstruction d’un port baleinier, balayé par le raz-de-marée !

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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.