Charal : l’abattage immontrable

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D’après un communiqué L214 du 10 septembre 2009

Nouvelles images : abattage des moutons

CharalIl y a quelques jours, l’association L214 dévoilait des images sur les pratiques d’abattage des bovins à l’abattoir Charal de Metz. Ces images montrent clairement des violations graves de la réglementation concernant la protection des animaux. Charal reconnaît le caractère monstrueux de ces images (1) et cherche à les faire disparaître sur Internet (les vidéos y ont été vues plus de 100 000 fois depuis leur publication). Plusieurs médias ont reçu de Charal une mise en demeure de retirer les vidéos de l’enquête.
Malgré l’évidence des images, les services vétérinaires départementaux ont pris la défense de l’entreprise et affirmé que l’abattoir respectait la réglementation, ce qui est faux.

Aujourd’hui, L214 révèle de nouvelles images concernant l’abattage rituel des moutons tel qu’il se pratique à l’abattoir Charal de Metz. Ces images démontrent une nouvelle fois la violation de la réglementation sur l’abattage.

Tentative de censure des images

Charal a fait pression auprès de l’hébergeur de L214 via la loi LCEN (Loi pour la confiance dans l’économie numérique) pour demander le retrait du dossier d’enquête.
Charlie Hebdo, Le Nouvel Obs, Planete-Info, au moins, ont reçu une mise en demeure de retirer la vidéo de leur site. Dans la lettre envoyée à Charlie Hebdo (2), l’avocat de Charal précise : « Ces images […] ne témoignent d’aucune infraction comme l’ont confirmé les services vétérinaires de l’Etat […] ». Pourtant la vidéo vient justement apporter des éléments de preuve des infractions signalées par l’association que chacun peut constater sur les images.

Abattage des moutons et violation de la réglementation

L’abattage des moutons est rituel, réalisé sans étourdissement préalable des animaux avant égorgement.

L’abattoir dispose d’un piège (système d’immobilisation) pour les ovins, obligatoire pour cette pratique d’abattage. Ce piège est refermé autour de l’animal qui est ainsi immobilisé. L’employé chargé de tuer les moutons enchaîne les opérations d’égorgement, d’ouverture du piège et de suspension des animaux sans se soucier de maintenir l’immobilisation des moutons le temps de la saignée comme l’exige la réglementation (3).

Plus de détails sur l’abattage des moutons

Des Services vétérinaires juge et partie

– Sur le site Internet de Charal, on peut lire :
« La Direction des Services Vétérinaires (DSV 57) a rappelé la conformité de l’abattoir de Metz au regard de la réglementation et de protection animale. […] rapport d’inspection du 18/05/09 : étape « piège / immobilisation » = Conforme »

– Dans un article publié dans Le Républicain Lorrain, la directrice-adjointe des Services vétérinaires départementaux affirme que :
« L’abattoir de Metz possède un agrément de nos services parce qu’il respecte la réglementation. C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses à dénoncer en matière de protection animale, mais pas à l’abattoir de Metz. »

Dans cette affaire, les Services vétérinaires départementaux sont juge et partie. Présents en permanence dans l’abattoir, ils n’ont pas signalé les infractions relevées. Ces constatations corroborent celles de l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne qui relève des défaillances récurrentes des Services vétérinaires français. Au cours de sa dernière mission en novembre 2008, l’OAV a notamment pointé explicitement l’insuffisance de formation des agents officiels concernant le bien-être des animaux. (4) La même constatation avait déjà été faite en 2007, « Les vétérinaires officiels avaient des connaissances insuffisantes pour maîtriser certains aspects des exigences relatives au bien-être des animaux lors de l’abattage, car la formation n’a pas été suffisante… ». (5)
Pour les Services vétérinaires départementaux, reconnaître l’illégalité des pratiques montrées par ces vidéos signifierait reconnaître leur propre manquement à leur mission de contrôle.

(1) « Pour Charal, les animaux ne souffrent pas », 20minutes.fr.
(2) « La puce de la semaine », Charlie Hebdo.
(3) Article 2 de l’arrêté du 12 décembre 1997 relatif aux procédés d’immobilisation, d’étourdissement et de mise à mort des animaux et aux conditions de protection animale dans les abattoirs :
« Dans le cas de l’abattage rituel, l’immobilisation des animaux des espèces bovine, ovine et caprine doit être assurée au moyen d’un procédé mécanique appliqué préalablement à l’abattage et maintenu jusqu’à la fin de la saignée. »
(4) « Rapport d’une mission effectuée en France en vue d’évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production et la mise sur le marché de viandes de volaille et produits à base de viande de volaille », OAV, du 17 au 26 novembre 2008, P.4.
(5) « Rapport d’une mission effectuée en France en vue d’évaluer le bien-être des animaux lors de l’abattage. », OAV, du 12 au 16 février 2007, p.2.

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