Carburants, le plein d’idées!

Loin des topinambours de Pierre Poujade, dans les années 80, ou du bioéthanol, les agro-carburants de demain se nommeront peut-être bouse de vache, huile de coco ou fiente d’oiseau. Inventaire à la « Prévert » des recherches actuelles.

La bouse de vache: transformer de la bouse de vache en carburant. Une idée folle ? Pourtant, avec quelques catalyseurs métalliques, ajoutés à 100 g de bouse de vache, des scientifiques japonais sont parvenus à extraire 1,4 millilitre de carburant.

La fiente de poulet: aux Pays-Bas, une centrale électrique à biomasse ambitionne de transformer chaque année 440 000 tonnes de fientes de poulet pour produire plus de 270 millions de kWh. Quand arrivera-elle en France ?

L’hoazin: ce drôle d’oiseau du Venezuela dispose d’un système de digestion proche des mammifères ruminants.En se nourrissant de feuilles et de fruits de plantes, il développe un nombre important de bactéries, propices à la transformation de la biomasse végétale en sucre. De quoi donner des ailes aux chercheurs de l‘université de Porto Rico.

Le chocolat: La recette est facile : on transforme les déchets du chocolat en bioéthanol, puis on les mélange avec une huile végétale. C´est ainsi qu’en novembre 2007, un camion utilisant uniquement ce biodiesel est parti de Poole, en Angleterre, jusqu´au Mali, pour une mission humanitaire.

L’huile de noix de coco: on utilise depuis déjà quelques années les huiles de friture usagées comme biodiesel. La nouveauté ? L’huile de noix de coco., ou plus exactement l’huile de coprah (issue de la chair de la noix) qui, mélangée à du gazole, sert à faire « vroum vroum » dans la République de Vanuatu en Océanie.

Les termites: ces insectes ont des bactéries dans l’estomac qui transforment les déchets de bois en sucre, en 24 heures seulement. Des enzymes qui présentent l’avantage de produire 50 % d’éthanol supplémentaire par rapport au mode de transformation conventionnel. Déjà développé par l’entreprise Diversa Corp, à San Diego en Californie, ce processus de dégradation de la cellulose des termites en sucres fermentés reste économiquement très intéressant.

Le marc de café: fini de le jeter aux ordures comme un simple détritus : un recyclage et hop… il peut devenir biocarburant. Un projet d’usine-pilote aux États-Unis devrait développer ce type d’agro-carburant.

Le Gliocladium roseum: ce champignon, niché dans les arbres du nord de la Patagonie, présente deux caractéristiques importantes pour devenir un futur agro-carburant. Son environnement, pauvre en oxygène, et les molécules de gaz qu’il libère, très hydrogénées. Se nourrissant de cellulose, ce micro-organisme, découvert par le scientifique américain Gary Strobel, reste cependant au stade de l’étude.

Le Jatropha curcas: surnommé « l’or vert du désert » par les Indiens, cet arbuste pousse en milieu aride dans les zones sub-tropicales et peut produire jusqu’à 2 000 litres de diester par hectare. Trois Mercedes du groupe Daimler Chrysler ont déjà parcouru 30 000 kilomètres grâce à lui.

Le Pongamia Pinnata (ou Karanj):cet arbre d’Inde et d’Afrique pourrait devenir l’autre coqueluche des agro-carburants des pays en voie de développement. Sa croissance rapide, son huile végétale, sa sève, ainsi que sa plantation possible dans des zones impropres à la culture lui promettent un avenir doré.

Le whisky: grâce à des chercheurs écossais de l’université Napier d’Edimbourg, l’eau de vie pourrait servir à fabriquer du pétrole. La recette ? À base de résidus – le liquide appelé « Pot Ale » et les grains appelés « draff » – que l’on récupère après distillation, mélangés à du gazole ou de l’essence. À consommer, sans modération !

Article extrait du magazine Néoplanète numéro 15.

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