Cantines du monde : c’est pas tout bio !

Les premières vacances scolaires arrivent, c’est l’heure des contrôles! L’occasion de savoir qui sont les bons élèves et ceux qui sont à la traine. Personne n’y échappe, même pas les cantines. Passage en revue, de la première de la classe au bonnet d’âne.

Tous les chemins du bio mènent à Rome

Io comincio ad avere fame*. Voilà ce que tous les petits italiens se disent à quelques minutes de l’ouverture de la cantine. Ils ne seront pas déçus, et leurs parents non plus. En 2008, Le Soir nous apprenait que « dans la péninsule, un repas sur deux est désormais labellisé bio à l’école. … À Rome, la performance frise la perfection. À l’exception de la viande bovine et du poisson, tout est bio. Soit 70 % des 150.000 menus proposés quotidiennement aux 6-14 ans de la capitale. » En effet, depuis 1999, dans les cantines de la ville aux sept collines, les repas sont élaborés en fonction de la saison et l’approvisionnement local se développe. Pas question de manger des fraises en hiver. Quant aux bananes, elles doivent être certifiées bio et équitables.

 En favorisant cette agriculture, l’Italie est ainsi devenue l’un des principaux exportateurs de bio en Europe, et un modèle pour ses voisins.


En Afrique du Sud, on cultive du bio dans les écoles

Médaille de l’originalité pour l’Afrique du Sud qui encourage les cultures biologiques au sein même des écoles. Comme l’annonce le site de Food & Trees for Africa, initiateur du programme EduPlant : « un estomac bien rempli est un élément essentiel pour une bonne éducation ». Surtout dans un pays où les écoles font souvent face à la malnutrition de leurs élèves. Une fois les éducateurs formés à la culture de végétaux, l’élevage de bêtes, la récupération de l’eau ou même à l’entretien d’une pépinière, c’est toute l’école qui s’y met, enfants compris. « Cette forme de culture m’a montré comme il est facile de cultiver sa propre nourriture, une nourriture saine, pour moi et ma famille. J’ai appris l’importance des fruits et des légumes dans mon alimentation », explique un élève du lycée Mafolofolo à Mpumalanga.  

Lancé en 1994, EduPlant est aujourd’hui présent dans près d’un millier d’établissements. Au-delà de l’apprentissage et de l’accès à une nourriture saine, la compétition anime aussi de nombreux établissements. Chaque année, les trois meilleures écoles sont en effet classées.

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Les Etats-Unis enfilent le bonnet d’âne

Ce n’est pas une surprise, les Etats-Unis ne figurent pas à la tête du classement des meilleures cantines du monde. Selon une étude Gallup, réalisée sur l’année 2010, 20 à 33% des Américains souffrent d’obésité et ce n’est pas les enfants qui diront le contraire. Il faut voir ce qu’on leur sert à la cantine…

A ce propos, une bloggeuse américaine, Mrs Q, a joué les détectives à notre place. Sur Fed Up With Lunch, elle a posté, chaque jour pendant un an, une photo de son plateau repas, servi à la cantine d’une école élémentaire de Chicago. Et les photos sont effrayantes.

Cette expérience a attiré l’attention des pouvoirs publics, mais aussi celle du chef anglais très en vogue Jamie Oliver, auteur de nombreux ouvrages de cuisine. Il a fait intervenir la bloggeuse dans son émission Food Revolution, diffusée sur la chaine américaine ABC. Et à son tour, Mrs Q a publié un livre. Intitulé comme son blog « Fed up with lunch », il est sorti ce mois-ci et a forcé l’école en question à revoir ses menus, avec à la carte, plus de fruits et de légumes.

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Au Japon, c’est le pompon !

Côté cantine, le Japon est inclassable. C’est l’agence de presse Kyodo news qui nous dévoile les dérives de la restauration collective japonaise. Ainsi, en 2010, on apprenait que 5300 établissements scolaires proposaient, dans leurs menus, de la baleine !

Pourtant, depuis les années 60-70, un moratoire international a été mis en place contre la pêche commerciale de ces cétacés. Les prélèvements ne devaient alors être effectués que dans le cadre de recherches scientifiques. Et c’est là que le bât blesse, lorsque Kyodo news nous informe que les instituts de recherches vendent la viande de baleines aux municipalités et cantines scolaires, au tiers du prix du marché.

Au nom d’une tradition ancestrale, les autorités japonaises défendent le droit du Japon à la pêche des cétacés. La catastrophe de Fukushima apportera peut-être avec elle une raison suffisante pour que le pays du soleil levant cesse les massacres.


*Je commence à avoir faim


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Après des études de journalisme à Paris et Dublin, Julie s'est lancée comme correspondante pour des sites d'informations québécois, couvrant l'actualité française. En 2013, elle revient sur les bancs de Néoplanète, qu'elle avait déjà arpentés quelques années plus tôt. En parallèle, elle cultive son blog, consacré au voyage.