Cancun au sommet

Chronique de Nicolas Gardères, avocat à la cour et vice-président de l’association Entreprendre vert.

Du 29 novembre au 10 décembre, se déroule à Cancun, au Mexique, un nouveau sommet de l’ONU sur le climat. Après la déception suscitée par le sommet de Copenhague, l’objectif sera de doter la planète d’un nouveau traité international, prenant le relais du protocole de Kyoto, comme nouveau cadre global de la lutte contre le réchauffement climatique.

En effet, le protocole de Kyoto se terminera en 2012 sans avoir pu être l’outil décisif permettant d’entraîner définitivement les États sur la voie de la diminution de leurs émissions de gaz à effet de serre. Une voie salutaire, mais étroite : entre la pusillanimité des États-Unis (le mode de vie – irresponsable – des Américains n’est pas négociable, comme le disait en son temps George W. Bush) ou le double jeu de la Chine (certains efforts menés sur son territoire associés à une volonté de puissance délétère dans les négociations internationales). Entre aussi les aspirations consuméristes des pays du Sud et de l’Inde (la très polluante voiture Nano à 1 500 euros comme symbole) ou les attaques des climato-sceptiques stipendiés (la dérisoire dénonciation contre rémunération d’un prétendu nouveau « totalitarisme vert »).

De nouvelles impulsions

Il est ainsi très peu vraisemblable que Cancun débouche sur la signature d’un traité contraignant les États à baisser leurs émissions. Cependant, malgré ces atermoiements et parfois ces reculs, il existe des raisons d’être optimiste. En effet, si l’Europe a depuis longtemps fait le choix de l’avant-garde et de la diminution unilatérale de ses émissions, c’est surtout en dehors de la société des États qu’il convient de chercher les raisons de croire en un développement réellement durable.

Pour incontournables que soient encore l’ONU et ces vieilles constructions socio-historiques que sont les Nations, l’impulsion est aujourd’hui ailleurs. De nouvelles façons de travailler, de se déplacer, de consommer ou de s’engager sont en train d’être inventées partout, dans les entreprises, les associations, par et pour chaque individu.

En attendant Rio

La menace climatique qui pèse sur nous ne doit pas être source de repli et d’égoïsme, tant individuels que nationaux, mais, au contraire, l’opportunité d’une plus grande imagination sociale, économique et politique. À titre d’exemple, est-il raisonnable de faire grand cas aujourd’hui de quelques centaines de milliers de clandestins alors que demain, les réfugiés climatiques pourraient se compter en dizaine de millions ?

Ainsi, même si le sommet de Cancun ne débouche sur rien de concret, il participe d’un esprit puissant de responsabilité qui inspire de nouveaux comportements individuels et collectifs. Et qui se répand au Nord comme au Sud. On peut d’ailleurs parier, ou tout au moins espérer, que cet esprit, débonnaire et efficace, souffle sur le prochain sommet de la Terre à Rio en 2012.

Retrouvez Nicolas Gardères lors d’un chat organisé par En ligne pour ta planète : Un an après Copenhague, va t-on aboutir à la signature d’un nouveau traité sur le réchauffement climatique ? Rendez-vous le lundi 6 décembre à 16h sur www.enlignepourtaplanete.fr/chat-chat-garderes

Cette chronique est parue dans le Numéro 17 de Néoplanète.


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