Calanques : finis les bains de boues rouges…pour l’instant !

Luftaufnahmen_Nordseekueste_2012-05-by-RaBoe-478 - Google ImagesCa va faire 50 ans que ça dure et la création du Parc national des Calanques en 2012 n’y a rien changé : 30 millions de tonnes de boues rouges sont parties dans la Méditerranée au large de Cassis et ce n’est pas fini !

Le conseil d’administration du Parc avait donné son feu vert à ces rejets d’effluents liquides « avec des conditions fermes » mais la ministre de l’Ecologie a mis son holà, au moins provisoirement. Selon Ségolène Royal, l’avis du conseil « ne saurait tenir lieu d’autorisation de rejet en mer pour le site Alteo de Gardanne, qui ne peut être délivrée que par le préfet, au nom de la ministre, au terme d’une instruction menée par les services de l’État qui n’est pas achevée ».

Le préfet devra donc « examiner toutes les options techniques pour garantir des rejets compatibles avec la reconnaissance dont bénéficie ce territoire remarquable ». Pour la ministre, l’avis du conseil d’administration constitue un « socle minimum d’exigences » qui peuvent être renforcées à l’occasion de l’enquête publique prévue à la fin de l’année. Tout risque donc de se poursuivre encore des années dans ce « parc marin Canada Dry qui bafoue la convention de Barcelone de 1976 sur la protection de la Méditerranée », ratifiée par la France, comme le dit la députée européenne écologiste Michèle Rivasi.

Cassis_calanques - google imagesDepuis 1966, l’usine Alteo de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, rejette quelque 10 000 tonnes par mois de boues rouges issues de du traitement de la bauxite et chargées en métaux lourds (arsenic, mercure ou chrome…). Grâce à une conduite de 50 km depuis l’usine, ces boues sont déversées à 7 km des côtes, dans le canyon sous-marin de Cassidaigne, considéré comme un des plus remarquables et des plus profonds de Méditerranée, et donc en plein cœur du parc national.

Les rejets solides devraient cesser début 2015 grâce à la mise en place d’un filtre séparant la partie solide des effluents. Mais il n’y aurait aucune solution technique « économiquement acceptable » pour traiter les effluents liquides.

L’usine Alteo de Gardanne (ex-Péchiney, aujourd’hui propriété d’un fonds d’investissement américain) produit 500.000 t/an d’alumine à partir d’un million de tonnes de bauxite importée de Guinée.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.