Série dégeu n°2 :

Ça vous dirait de manger de la merde ?

De la viande à partir d’excréments humain pour sauver la planète ? C’est le pari fou du scientifique japonais Mitsuyuki Ikeda. Pas sûr qu’on y adhère. Deuxième volet de notre Série dégeu.

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Un burger au caca ça vous tente ? C’est pourtant la solution du chercheur Mitsuyuki Ikeda pour réduire la faim dans le monde. Ce qui pourrait faire penser au remake du film « Soleil vert » est bien réel. Selon lui, les excréments humains contiendraient encore beaucoup de nutriments réutilisables. « 63% de protéines, 25% de glucides, 3% de lipides et 9% de minéraux », explique-t-il dans une vidéo publiée en 2011. Pas de panique, la « viande » serait sans danger car chauffée sous haute température pendant le processus de fabrication. Les protéines recueillies sont ensuite mélangées avec du soja et de la steak sauce. Le résultat final aurait même un goût de bœuf selon les participants des tests qui ont pu déguster ce burger d’un nouveau genre. Pauvre en lipides, il serait également meilleur pour la santé. Certains sites, encore estomaqués, dénoncent une fausse info (la vidéo est peu sourcée) sans pour autant apporter assez d’explications pour le prouver.

Dans la vidéo, le scientifique reconnait qu’une bonne partie de la population aura du mal à se faire à l’idée de manger un steak fait à partir d’excréments. Un « blocage psychologique » très bien résumé par Casey Chan auteur d’un article à ce sujet sur Gizmodo, un site américain sur la culture gadget : « on blague tous sur le fait que les hamburgers des fast food ont un goût de merde, mais il n’a jamais été question de concrètement manger de le merde ». On reste perplexe sur la façon dont le chercheur compte communiquer sur le produit. La « viande » étant destinée aux populations en proie à la famine, on peut déjà s’imaginer le schéma pour les prochaines années : les pauvres mangent de la merde, et les riches de la viande. Pour l’instant, son coût de production est 10 à 20 fois supérieur à celui d’un steak normal. Mitsuyuki Ikeda justifie le montant élevé de la recherche dans la production mais assure qu’une fois celle-ci terminée, le steak intégré dans le marché aura le même prix que les autres.  D’ici là, on n’est pas pressés.

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.