Bump Mark, l’étiquette anti-gaspillage à l’anglaise

Alors que la loi anti-gaspillage a été votée à l’Assemblée Nationale, une petite pépite technologique pour lutter contre ce fléau est en passe d’être commercialisée au Royaume-Uni.

Bump Mark

Des mesures anti-gaspillage ont été votées à l’unanimité le jeudi 21 mai à l’Assemblée Nationale. Elle prévoit l’interdiction pour les grandes surfaces de plus de 400m2 de jeter les invendus. « Voir de l’eau de Javel déversée sur les poubelles des grandes surfaces remplies d’aliments consommables, ça scandalise », avait notamment déclaré le député PS Guillaume Garot, qui est à l’origine de ces mesures. Les distributeurs du secteur alimentaire seront donc tenus de faire don de leurs invendus aux associations, ou, le cas échéant, à l’alimentation animale ou l’agriculture pour du compost. Ainsi, d’ici juillet 2016, la loi devrait tout supermarché jetant les invendus sera sanctionné d’une amende de 450 € (amende qui, avant les différents amendements appliqués, s’élevaient à 75 000€ et à 2 ans de prison). Le nouveau texte prévoit également d’inclure la notion de gaspillage dans l’éducation et l’alimentation durant le cursus scolaire.

Une étiquette tactile pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Bump Mark

En attendant que la loi soit implémentée, voici une invention qui vaut le détour. La designeuse britannique Solveiga Pakstaite a mis au point un autocollant tactile permettant de vérifier en temps réel la durée de vie d’un aliment emballé. Baptisé Bump mark, ces système pourrait être la solution aux dates péremptoires mal comprises. La jeune designeuse, primée au James Dyson Award en novembre 2014, l’avait conçu à l’origine pour que les non-voyants puissent reconnaitre la date de péremption sur leurs aliments, mais l’invention a révélé un potentiel d’une toute autre échelle.

Le procédé est très simple : un bout de gélatine enballé avec le produit vieillit et prend compte de l’environnement en même temps que l’aliment emballé. Lorsque celui-ci n’est plus propre à la consommation, la gélatine devient liquide, phénomène à la fois visible et perceptible au toucher grâce à un bout de plastique bombé situé sous la gélatine. Celle-ci peut se paramétrer en fonction de la vitesse de décomposition de l’aliment choisi simplement en diminuant la concentration gélatineuse. La gélatine étant une protéine animale,  Solveiga Pakstaite a déclaré vouloir créer un substitut valable pour les végétariens et végétaliens. Si Bump Mark n’a pas encore été commercialisé, son prototype proposé dans un supermarché britannique a eu beaucoup de succès.

La date de péremption est l’une des principales causes du gaspillage alimentaire. Mais celles-ci ne sont pas toujours véridiques. Un produit peut très bien être consommé quelques jours après la date butoir.

En France, il existe deux types de dates limite. La première « A consommer avant le » est une obligation légale sanitaire. Il signifie que le produit est impropre à la consommation après la date. La seconde « A consommer de préférence avant le » comprend quant à elle les modifications non dangereuses pour la santé de l’aliment. Cette dernière oblige les consommateurs à jeter par précaution.

Chaque Français jette en moyenne 20 à 30 kilos de nourriture par an ce qui représente une somme de 12 à 20 milliard d’euros par an ! 

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.