Bulletin 2013 pour les requins : des progrès, mais peut mieux faire

requin sourire - googleLes requins du monde entier peuvent sourire à pleines dents : l’année 2013 a été marquée par des avancées considérables dans leur protection.

L’une des meilleures nouvelles de l’année passée est l’interdiction en juin par l’Union Européenne du « finning », cette pratique par laquelle les pêcheurs découpent les ailerons du requin – la partie de son corps la plus prisée – avant de le relâcher. Ce dernier, alors incapable de se déplacer correctement, ne peut alimenter ses branchies en oxygène et meurt asphyxié ou dévoré par d’autres prédateurs. Les bateaux de pêche doivent désormais garder la carcasse de l’animal à bord, ce qui réduit les quantités pêchées et facilite le contrôle des espèces. L’Inde a d’ailleurs aussi adopté des mesures similaires.

En marge de ce mouvement, cinq nouvelles espèces de requins ont été inscrites à l’annexe II de la Convention sur le Commerce International des Espèces en Danger (CITES) en mars dernier. Leur pêche n’est toujours pas interdite, mais elle est maintenant plus strictement régulée afin de lutter contre le trafic illégal et la surexploitation. Bien que le gouvernement chinois ait banni la soupe d’ailerons de requin de ses repas officiels, il s’est toutefois opposé à l’ajout de ces cinq espèces à l’annexe II de la CITES, ainsi qu’aux propositions de création d’aires marines protégées dans l’océan Austral.

soupe requin - googleLe plus gros consommateur mondial d’ailerons de requin a donc encore des progrès à faire, tout comme l’Australie, pourtant fortement engagée dans une optique de cohabitation jusqu’à présent. Après sept attaques mortelles en trois ans, le gouvernement d’Australie Occidentale a en effet décidé d’éradiquer les grands requins en installant plus de 70 hameçons appâtés auprès de ses plages, et en donnant un « permis de tuer » à des pêcheurs munis d’armes à feu.

Sachant que les moustiques tuent plus d’hommes en cinq minutes que les requins en un an, il semblerait plus logique d’installer des moustiquaires et de faire un peu attention où on met les pieds lors d’une baignade.

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Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.