Brésil : EcoAct planche sur la séquestration carbone

En juillet, Néoplanète se met à la carioca ! Retrouvez tous les jours un article aux accents brésiliens. Au menu : de la mode éthique, de la beauté bio, du design responsable, du tourisme solidaire… Aujourd’hui, découvrez le programme de recherches d’Ecoact sur la séquestration carbone dans la forêt de Mata Atlantica au Brésil.

EcoAct, spécialiste de la stratégie carbone et des programmes de compensation carbone, a créé, en partenariat avec l’Institut Agronomique de Monte Alegre et l’association Mata Ciliar, un programme de recherche portant sur la séquestration carbone, la reforestation et l’agroforesterie dans l’Etat de São Paulo. Lancé en janvier dernier, ce projet pilote est destiné à étudier les arbres et à sélectionner ceux qui sont les meilleurs « capteurs de CO2 ».

La séquestration de CO2, kesako ?

Aujourd’hui, réduire les émissions de CO2 n’est plus le seul objectif visé. Pour revenir à un niveau tolérable de CO2, il est indispensable d’être capable de séquestrer celui déjà présent dans l’air. Les propriétés « dépolluantes » des forêts sont connues : élimination naturelle du CO2 (photosynthèse) et libération d’oxygène pur. Conserver, entretenir et accroître les superficies forestières permettraient d’abaisser significativement le niveau de CO2 atmosphérique.

Le programme de recherche sur la séquestration carbone au Brésil

La forêt de la Mata Atlântica, située sur la côte atlantique du Brésil, ne couvre plus que 11,4% de sa superficie d’origine. Elle a perdu sur les 3 dernières années plus de 100 000 hectares du fait du développement urbain et de l’expansion économique. 60% des espèces de cet écosystème étant considérés en danger, cette forêt a été classée Réserve Mondiale de la Biosphère par l’ONU pour la richesse de la faune et de la flore qu’elle héberge.

La compensation carbone assise sur des méthodologies d’agroforesterie et de séquestration carbone représente un intérêt majeur pour le développement économique et environnemental de cette région. Mais les données sur la croissance et les capacités de stockage en CO2 des espèces natives du Brésil manquent drastiquement. EcoAct a donc lancé dans cette optique le projet Monte Alegre.

Sac de noeuds...Ce projet pilote porte, pour l’instant, sur :

5 parcelles d’agroforesterie, sur lesquelles est étudiée l’association de différentes espèces d’arbres et de plantes pérennes, toutes natives. L’objectif étant d’identifier le meilleur « mix » en termes de sources de revenus potentielles pour les populations locales par la production de ce qu’on appelle des « produits forestiers non ligneux » (fourrage, huiles essentielles…), et de préserver la biodiversité et la forêt primaire.

2 parcelles d’afforestation/reforestation de différentes densités pour étudier la croissance des arbres, et recueillir de nombreuses données allométriques concernant les espèces natives du Brésil, ceci afin de recréer un écosystème et de préserver la biodiversité.

Avec une durée d’étude estimée entre un et quatre ans, la démarche permettra d’identifier des espèces agricoles et forestières qui présentent un bon potentiel de stockage de carbone et de gestion durable.

La partie reforestation a démarré, avec 92 espèces natives plantées sur 1 ha soit 1700 arbres. La partie SAF (Systèmes d’AgroForesterie) a démarré plus tard car elle est plus complexe. Il y a déjà :

– 13 espèces natives sélectionnées pour les différentes combinaisons
– L’analyse des sols avant plantation interviendra ce mois-ci avec la collecte et l’analyse de 35 échantillons pour déterminer leurs caractéristiques et propriétés chimiques
– La Plantation est prévue en septembre, saison adéquate aux espèces sélectionnées

Le saviez-vous ? Deux méthodes concourent à augmenter la capacité globale de séquestration du CO2 par les arbres :
La reforestation étudie la disposition des plantations et le choix des espèces (propriétés économiques et/ou environnementales, bois de construction, bois améliorant la fertilité des sols…).
L’agroforesterie, initiée par l’INRA dès les années 80, consiste à imiter la nature en recréant un espace associant les arbres, les plantes et les pâturages tout en maintenant la production.

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