Bouteilles en bioplastique, du rêve à la réalité

Produire des bouteilles en PET à partir de plantes semble être la solution idéale pour ne plus avoir recours aux ressources non-renouvelables. Pourtant, certains points font débat : ces matériaux assurent-ils un niveau de qualité et de sécurité du produit suffisant ? Quels sont leurs impacts environnementaux en matière d’utilisation d’eau ou d’énergie ? Dans un contexte de crise alimentaire mondiale, doit-on utiliser les terres agricoles à d’autres fins que la production de denrées alimentaires ? Quoiqu’il en soit, de plus en plus d’entreprises s’engagent dans les bioplastiques, notamment au rayon boissons.

Brita, l’eau filtrée à emporter dans une bouteille 100 % végétale

Une première mondiale ! Brita, la société des carafes filtrantes d’eau du robinet, s’associe à Vegetal & Mineral Water, spécialiste de la fabrication de bouteilles végétales, pour créer la bouteille d’origine 100 % végétale sans OGM. Le but ? Transporter son eau filtrée. Cette bouteille en PLA (Acide Polylactique) est entièrement fabriquée à partir de plantes glucidiques (comme la betterave sucrière, la canne à sucre ou le maïs). Issu de la fermentation de saccharose ou de glucose, le PLA dispose des mêmes propriétés que le plastique traditionnel (type PET) à cela près qu’il est recyclable par compostage, valorisable par dépolymérisation (traitement permettant de revenir à l’acide lactique initial) ou biodégradable. Quelle que soit sa fin de vie, la bouteille a donc un impact limité sur l’environnement et épargne les ressources fossiles ! Seulement 40 000 bouteilles sont mises sur le marché à titre gracieux dans un pack Brita, l’objectif étant de familiariser le public et les industriels à ce nouveau matériau.

Petit bémol : Il est déconseillé d’exposer la bouteille au soleil ou à la chaleur. L’eau mise en bouteille doit être consommée dans les 48 heures.

PlantBottle, 30% de matériaux d’origine végétale pour les produits Coca & Heinz

La PlantBottle lancée par Coca-Cola en 2009 est une bouteille composée à 30% de matériaux d’origine végétale (canne à sucre et mélasse). Depuis 2009, The Coca Cola Company commercialise le Coca Cola, le Sprite, la Fresca, l’iLOHAS, la Sokenbicha et l’eau Dasani dans cette bouteille disponible dans neuf pays à travers le monde (Canada, Mexique, Chili, Brésil, Japon, Danemark, Suède, Norvège, Etats-Unis). En 2011, une douzaine d’autres pays devrait recevoir la bouteille, dont la France. Mais la PlantBottle ne se retrouvera pas seulement dans les boissons. A partir du second semestre 2011, Heinz commercialisera une partie de son ketchup dans la PlantBottle. Cette année, Heinz pense mettre 120 millions de bouteilles sur le marché mais entend bien généraliser l’emballage à l’ensemble de sa gamme. Ce partenariat permettra au groupe Heinz, qui s’est déjà lancé dans le ketchup bio labellisé AB en 2009, d’atteindre son objectif : diminuer de 20% ses émissions de CO2, ses déchets et sa d’énergie d’ici à 2020.

Volvic, 20 % d’origine végétale, une partie de plastique recyclé et un poids allégé

Le BioPET est un plastique d’origine partiellement végétale, composé à 70 % d’acide téréphtalique (PTA) et à 30 % de monoéthylène glycol (MEG), matériau à base de plantes. Ce nouveau plastique est produit en partie à partir de mélasse (résidu de canne à sucre) fermentée qui devient de l’éthanol. Un processus chimique le transforme en éthylène glycol (un des deux composants du PET) et Futura, producteur de BioPET, associe ensuite l’éthylène à la seconde molécule du PET (acide téréphtalique). La molécule issue du végétal remplace ainsi une des molécules du PET mais sa composition chimique finale est exactement la même. La qualité de la bouteille reste donc inchangée et ce plastique végétal est toujours 100 % recyclable. Disponibles depuis 2010 sur les formats 50 cl, ces bouteilles ont été les premiers bioplastiques lancés en France. L’empreinte carbone de la bouteille a été réduite de 35 à 40 % par rapport à une Volvic 50 cl standard.

Enso d’Earth Water, dégradation par un procédé de digestion microbiologique naturel

Earth Water, une ONG créée en 2004 au Canada, a créé la bouteille 100% biodégradable. Enso de Resilux se dégrade par un procédé de digestion microbiologique naturel. Après utilisation, lorsqu’elle se trouve dans un milieu d’aérobie et/ou d’anaérobie (pas d’oxygène, pas de lumière), la bouteille se dégrade en biogaz(méthane) et biomasse (humus). Approuvée pour le conditionnement des boissons, elle reste similaire au PET normal et peut être recyclée de la même manière. Si les bouteilles plastiques traditionnelles mettent plus de 100 ans à se dégrader, Enso disparaît en 1 à 5 ans !


PepsiCo, bientôt la bouteille en panic raide

Le groupe américain Pepsico suit ses concurrents Coca-Cola et Danone et s’apprête à lancer une bouteille bioplastique « 100 % renouvelable ». Dans un premier temps, cette bouteille sera composée de panic raide (une graminée très répandue en Amérique), d’écorces de conifères et de feuilles de maïs. Mais l’entreprise compte la faire évoluer. « A l’avenir, le groupe prévoit (…) d’inclure des épluchures d’orange, des pelures de pommes de terre, des cosses d’avoine et d’autres produits agricoles dérivés de ses activités agroalimentaires », précise un communiqué. Malgré sa mauvaise expérience avec des chips dans un emballage recyclable jugé trop bruyant par les consommateurs, PepsiCo retente sa chance. La fabrication doit être lancée à grande échelle en 2012.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone